19 janvier 2007

Mobilisation et Actualité

Déclaration FERC-CGT, FSU, Sgen-CFDT, snFO-lc, UNSA Education pour le CTPA du jeudi 18 janvier 2007

Monsieur le Recteur,

Les documents préparatoires au CTPM annoncent pour la rentrée 2007 dans l’Académie de Lille la suppression de 701 postes d’enseignement dans le second degré, la disparition de 18 postes d’intervenants en langues étrangères et de 24 emplois administratifs et dans le premier degré la création de seulement 2 postes. C’est le résultat local de la décision gouvernementale de supprimer des milliers d’emplois d’enseignants et d’administratifs, avec la mise en oeuvre du budget 2007. Il faut d’ailleurs constater que le chiffre global dépasse de 736 celui prévu lors du débat budgétaire pour atteindre un total de 5516 suppressions de postes. Dans le même temps, nous constatons qu’entre le discours du ministre annonçant les budgets et les documents du CTPM, la baisse démographique a diminué de 6000 élèves sans que le nombre des suppressions ait été revu.

A cela s’ajoutent des créations en nombre insuffisant en personnel de santé scolaire et de services sociaux. Et l’aumône d’1/2 ETP de médecin de prévention pour les personnels ne répond pas aux besoins.

Sans remonter aux dix dernières années, ce seront plus de 3208 postes dans le second degré et 138 postes dans le premier degré qui auront disparu depuis 2002 dans l’Académie avec des conséquences à moyen et long terme sur l’emploi et l’avenir économique et culturel de la région. Les organisations syndicales contestent les arguments que vous avez avancés dans votre conférence de presse : affirmer ou laisser entendre que la dotation des établissements est globale et que la diminution des heures de décharge, laboratoire etc. ne se traduira pas par des suppressions de postes ne correspond pas à la réalité. La dotation de chaque établissement sera bel et bien amputée pour justifier et permettre une suppression globale de 701 postes ! Au total cela se traduira par une diminution de l’offre d’éducation, un alourdissement de la charge de travail et une baisse des revenus de fait pour de nombreux enseignants.

La baisse démographique est une fois de plus utilisée pour justifier une partie de ces retraits, mais vos propres statistiques montrent qu’une perte de 1,96 % des effectifs du 2nd degré aboutit à une suppression globale de 2,41 % de l’ensemble des moyens. En ne retenant que votre constat démographique, on supprime 1 poste pour une perte de 8,5 élèves dans le second degré et on crée un poste pour une progression de 45 élèves dans le premier degré. Mais dans votre analyse, vous n’avez pas pris en compte les suppressions d’emplois précaires ou la diminution du nombre de stagiaires dans l’académie.

Quand vous faites des comparaisons sur plusieurs années, les organisations ne comprennent pas que vous négligiez les évolutions pédagogiques (travail en groupes par exemple) ou celles des élèves que nous scolarisons : faudrait il tout accepter parce qu’à la fin des années 50, il y avait des classes de 60 élèves ?

Nous dénonçons une fois de plus les effets catastrophiques pour notre région d’une politique d’économies à court terme qui dégrade le service public d’éducation.

- Les emplois, une fois de plus, ne sont considérés que comme des variables d’ajustement budgétaire et non comme des moyens pour l’amélioration du service public. (Vote de la loi de finance 2007)

- Le gouvernement a fait le choix de casser le service public d’éducation. Une partie des retraits est justifiée dans les documents du CTPM, par la modification des statuts de certains enseignants imposée sans concertation et entraînant une surcharge de travail pour les titulaires et une précarité croissante pour les personnels contractuels et vacataires. Les personnels ont montré en participant massivement à la grève le 18 décembre 2006 qu’ils n’acceptaient pas une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail, ni les déclarations insultantes remettant en cause leur travail. Nous contestons également votre présentation de la situation dans l’académie rapportée par la presse, qui consiste à affirmer qu’il suffirait de changer les méthodes de travail des enseignants pour résoudre tous les problèmes : même le rapport de l’IGEN que vous citiez reconnaît la réalité du travail des personnels.

De plus, la politique ministérielle ne prend pas en compte le contexte socio-économique défavorable de la région pourtant pointé entre autres par le même rapport :

• Les établissements publics accueillent une population très défavorisée. La scolarisation des 2 ans est en diminution, les effectifs des classes augmentent.

• Les résultats aux différentes évaluations des élèves nous placent au-dessous des moyennes nationales

• Les lycées professionnels ont des moyennes d’élèves par classe supérieures aux moyennes nationales.

• Les taux de réussite d’une génération au bac baissent d’année en année.

Les organisations syndicales veulent une politique ambitieuse pour les jeunes et le service public. Elles réclament un plan d’urgence pour répondre aux besoins. Elles exigent l’abandon du projet de modifications des décrets de 1950 et 1992 sur les statuts des personnels, et l’ouverture d’une véritable négociation pour élaborer une loi garantissant l’avenir de tous les jeunes. Elles réaffirment la nécessité de doter notre société de services publics réellement à même de répondre aux besoins de tous.

Enfin, dans le cadre de la LOLF, nous réclamons des documents nous permettant de faire un vrai travail paritaire.

Nous refusons la casse du service public d’éducation. C’est la raison du boycott du CTPA du 18 Janvier 2007.