2 septembre 2010

Mobilisation et Actualité

Communiqué de presse stagiaires, TZR et tuteurs rentrée 2010

Tout irait très bien dans l’académie de Lille ? Mme le Recteur est bien la seule à oser l’affirmer !

De toute l’académie nous parviennent des témoignages ubuesques quand ils ne sont pas dramatiques : à Pecquencourt, une stagiaire vient faire sa rentrée et s’entend dire qu’il n’y a pas d’heures pour elle, peut-être à Carvin, elle finira finalement à Wingles. Une autre est passée de Cambrai à Denain avant d’être nommée à côté de Lille à 2 jours de la rentrée. Un autre attendait encore un appel du rectorat la veille de la pré-rentrée … Et ces cas ne sont pas isolés ! Avant même de commencer, nos jeunes collègues ont découvert les pires conditions d’entrée dans le métier qui soient : déjà angoissés à l’idée de ne pas pouvoir faire face aux responsabilités qui vont être les leurs en commençant d’emblée par un temps plein, leurs craintes ont été amplifiées par l’affectation très tardive (76 attendaient d’être nommés vendredi 27 d’après le rectorat) et les difficultés matérielles (aucune aide au déménagement ou à l’achat de matériel n’est prévue, une avance sur salaire n’arrivera que fin septembre).
Accepterait-on d’un pilote qu’il soit aux commandes d’un vol passager après avoir seulement lu le manuel technique ? C’est pourtant ce qui va se passer pour eux, utilisés à temps plein pour satisfaire aux objectifs de milliers de suppressions de postes de fonctionnaires du gouvernement.

Dans le même temps, les titulaires sont soumis à une pression inadmissible de la part de leur hiérarchie (chef d’établissement et inspection) pour revenir sur leur refus d’être tuteur dans ces conditions : ici on promet une promotion, mais très vite la pression devient chantage et même menace à peine voilée (c’est le cas à Berck, Montreuil, dans le bassin de Lens …).
Les stagiaires ne s’y trompent pas et nous soutiennent dans notre combat pour leur obtenir des conditions décentes d’entrée dans le métier : ils ont très vite constaté que le refus d’être tuteur s’accompagnait d’une volonté de les aider sur tous les plans, pédagogique comme matériel, bien loin du mépris qu’ils ont pu rencontrer lors des journées d’accueil organisées par le rectorat.

Enfin, les derniers personnels à subir cette réforme sont les titulaires en zone de remplacement qui seront employés à remplacer alternativement le tuteur et le stagiaire pendant les 6 premières semaines de l’année, dans un imbroglio d’emplois du temps modifiés toutes les semaines, perturbant la continuité pédagogique dont auraient besoin les élèves (et leurs enseignants !).

Cette réforme a déjà fait assez de dégâts : il est temps pour l’administration de reconnaître ses erreurs et de se concerter avec les représentants des personnels pour mettre en place une véritable formation professionnelle. Dans l’immédiat, le SNES demande que les stagiaires soient placés dans des conditions leur permettant de débuter sereinement un métier exigeant et hautement qualifié.