9 octobre 2026

Nos droits, nos métiers

Inclusion et numérique : des robots au service des élèves ?

Ted-I est un dispositif robotique permettant à un élève souffrant de pathologie grave de suivre les cours à distance et d’interagir avec l’enseignant.e et ses camarades dans la classe. Il s’agit d’un mât mobile terminé par un écran et une caméra. Ted-I diffuse en direct les cours à destination de l’élève « empêché.e ».

Extrait du Bulletin académique N°341, mars 2026.

Si le principe part d’une bonne intention, la bonne intention n’exonère pas de respecter le droit des personnels et des élèves. Surtout, elle ne doit pas réprimer la réflexion que l’on doit mener sur les questions d’inclusion et sur toute la chaine de management par la culpabilisation qui est ici mise en œuvre.
"C’est arrivé un matin dans ma classe. On m’a dit que c’était pour un élève hospitalisé, on ne m’a rien demandé.", "Quand on nous a présenté le robot, on nous a dit que c’était obligatoire en lien avec la loi sur l’inclusion.", "On m’a dit que si je ne prenais pas le robot dans ma classe, l’élève ne pourrait pas passer le bac". , "Si je refuse, la famille déposera plainte"
Voilà par quels arguments le dispositif Ted-I s’est parfois imposé aux collègues.

Pour rappel, ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la circulaire du 3 aout 2020 où on lit : "Les enseignants sont volontaires et avertis des modalités particulières d’enseignement liées à l’Apadhe". Aucune ambigüité n’est possible sur le volontariat requis des collègues.

Par ailleurs, s’agissant des personnels et des élèves en classe, il est nécessaire de faire respecter le droit à la protection de leur image. A minima, le recueil d’autorisations d’enregistrement et d’utilisation de l’image et de la voix doit être effectué, ce qui est loin d’être le cas dans les établissements concernés de l’académie.

Rappelons aussi l’article 9 du Code civil qui dispose que « chacun a droit au respect de sa vie
privée »
 : il est en effet de jurisprudence constante que le droit au respect de la vie privée permet à toute personne de s’opposer à la diffusion, sans son autorisation, de sa voix et/ou de son image.

Même sur un sujet aussi sensible que celui de la maladie qui touche un enfant, on ne peut accepter que les incitations institutionnelles se fassent par la culpabilisation. Ce mode de management est à proscrire cat il ne peut que susciter de la souffrance de toute part. Un dispositif technologique ne saurait se substituer à un accompagnement humain. Mais pour cela, il faut de la formation et des moyens humains, ce que réclame avec force le SNES-FSU pour faire vivre une inclusion réelle qui ne se contente pas d’afficher des bons sentiments.