29 mars 2021

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BA322 - Services publics, en attendant Godot

Il y a un an, E. Macron prétendait avoir changé (« Sachons nous réinventer, moi le premier ») et engager le pays vers le « monde de demain » : le manque scandaleux de moyens dans la santé publique et les hôpitaux avait alors révélé les effets destructeurs des plans d’économies que le secteur public encaisse depuis des années. Et au plus fort de la crise sanitaire, c’est ce même service public qui avait pourtant tenu et permis au pays de fonctionner alors que l’économie était à l’arrêt.

Affichage
Avec le plan de relance (100 milliards sur deux ans) et des mesures budgétaires exceptionnelles, le gouvernement a effectivement choisi de desserrer les cordons des comptes publics là où jusqu’alors il ne jurait que par l’austérité. Mais à qui profitera cet « argent magique » ? L’argent coule pour le moment surtout vers les banques et les grandes entreprises, sans contrepartie ni sur le plan social ni sur le plan environnemental, mais qu’en est-il dans les services publics ? L’essentiel du Ségur de la santé servira à racheter la dette des hôpitaux et permettra de réparer le sous-investissement des dernières années mais les problèmes de fond, le manque de soignant.e.s surtout, resteront entiers.
Pour l’éducation, il y aura évidemment de l’affichage : 10 millions par-ci pour les « cordées de la réussite », 50 millions par-là pour les internats (1 500 places) ou 105 millions dans les équipements numériques sans compter les miettes qui serviront à financer des dispositifs comme les Contrats Locaux d’Accompagnement par le biais des collectivités locales.
Mais toutes ces mesurettes ne compenseront jamais les postes que le ministre continue à supprimer dans le secondaire.
Faut-il être à ce point éloigné du réel, pour ne même pas envisager de mesures à prendre dès septembre pour réparer les dégâts de deux années scolaires anormales ?

Et la relance... des services publics ?
Le plan de relance servira peut-être à remettre en route la machine à profits mais il ne permettra pas de renforcer des services dont la population a plus que jamais besoin. L’avenir est aujourd’hui bouché pour des centaines de milliers de jeunes, mais ce n’est pas une fatalité comme lors d’une épidémie ou d’un cataclysme. Face à la crise qui vient, d’autres choix sont possibles : dans l’éducation, l’Etat pourrait commencer en urgence par embaucher des assistant.e.s d’éducation mais aussi préparer l’avenir en recrutant les futur.e.s enseignant.e.s, CPE, assistant.e.s social.e.s ou AESH. Et les mêmes besoins existent dans la santé, les services à la personne, les administrations, l’énergie ou les infrastructures publiques. L’argent existe, les besoins sont là tout comme la volonté de s’engager de la jeunesse et l’aspiration sociale à plus de solidarité et d’égalité.

Olivier Mathieu