Le Snes-FSU demande depuis plusieurs années la réunion d’un Groupe de travail sur les examens ; celui-ci a eu lieu le 6 juin.

Suite à nos multiples relances écrites et orales, un Groupe de Travail sur les examens a enfin eu lieu jeudi 6 juin.
Vous pouvez lire ci-dessous le courrier envoyé par le Snes et la déclaration de la FSU.

4 représentants FSU, 2 UNSA (organisation qui avait demandé l’annulation du GT en avril), 1 SGEN et 1 Snalc étaient présents.

Le rectorat précise que si ce groupe de travail a été reporté à une date ultérieure, l’ordre du jour en est identique sauf pour la dématérialisation des descriptifs de Français, point qui sera traité dans un groupe de travail en octobre puisque le rectorat, suite à nos interventions, a décidé de ne pas le mettre en œuvre cette année.

Le rectorat ne souhaite pas revenir sur la partie « dialogue ministériel » de notre déclaration.

Se fait ensuite la présentation du calendrier des examens.

A noter : DNB : correction 2 et 3 juillet.

Pour le baccalauréat, les opérations d’anonymat seront gérées dans la journée et la reprise des copies se fera le lendemain afin de laisser un temps de correction maximum. Ex : philo : 18 juin à 14h avec retour des notes le 3 juillet. Il n’empêche que pour le Snes-FSU, le calendrier national induit une charge de travail excessive par rapport au temps de correction. Le rectorat répond que le nombre de correcteurs en philo correspond au vivier ; contractuels, stagiaires appelés. Ratio : nombre de candidats/nombre de professeurs. 120 en L, 130 en S et ES. Séries Technologiques : pas plus de 150. 11 jours de correction =15 copies/jour.
En SVT : 60 copies en 4 jours. EAF : 72 copies, 72 candidats à l’oral.

Les représentants Snes-FSU pointent la date de l’épreuve de philo qui a été reculée alors qu’auparavant elle avait lieu une dizaine de jours avant les autres épreuves et également le nombre de suppressions de postes dans certaines disciplines qui a rendu le vivier de correcteurs potentiels exsangue. Par exemple, dans l’académie de Nantes, pour l’EAF, les collègues ont 50 copies et 50 candidats à l’oral.

Le Snep-FSU intervient pour l’EPS et signale un problème de communication en amont sur les dates butoir des évaluations. Les dates ont été reculées, ce qui est une bonne chose mais elles ont été connues trop tardivement. 
Le rectorat répond qu’il y a nécessité de bien croiser les calendriers nationaux car le calendrier des ECE est fixé nationalement. Et il est impossible de communiquer tant que ces dates ne sont pas connues.
Autre problème signalé, celui des certificats médicaux, en l’absence de document officiel.
La demande de moyennes manuscrites pour harmonisation est chronophage et incompréhensible à l’ère du numérique ; pas de retour de ce qui a été harmonisé. Ne pas diffuser les notes est normal mais très compliqué à mettre en œuvre car les élèves peuvent facilement la calculer.
Le rectorat répond que c’est une demande des inspecteurs et que la possibilité d’avoir des outils pour les calculs sera vue avec eux.

EAF : articulation écrits /oraux et notes. Remise des copies aux correcteurs 19 juin à 14h00.
72 candidats. Retour des copies 8 juillet. 9/07 : réunion d’harmonisation qui permet de signaler les problèmes éventuels en vue du jury de terminale (nous l’avons fait préciser car officiellement, il n’y a pas de jurys de délibération en fin de première). 10/07 : diffusion des notes.

Le Snes-FSU est intervenu pour signaler à nouveau la charge de travail exceptionnelle des examinateurs de Lettres : le temps de correction des copies est réduit à 6 jours si on retire les week-ends. Il ne reste, pour prendre possession des descriptifs, que 2 jours avant de recevoir les copies : le 17 et 18.
Les collègues ne peuvent donc pas être convoqués pour les surveillances de baccalauréat, ils ont besoin de temps pour ces descriptifs. La communication envers les CE doit être clarifiée.

Le rectorat répond que le 24 mai, un courrier a été envoyé aux chefs d’établissements. L’IPR de lettres explique qu’ils sont sur le terrain et que les coordonnateurs allègent aussi les interrogations. Le Snes-FSU explique que pour les convocations, il doit être tenu compte de la quotité de service des collègues ; il est nécessaire que les services du bac aient ces informations. Sur la question des surveillances, le courrier est le même que l’année dernière et il a été possible de dispenser les collègues de Lettres de surveillance dans de nombreux lycées ; il faut donc persévérer. De manière générale, le Snes-FSU demande que les convocations pour les surveillances doivent être inversement proportionnelles aux convocations pour les corrections et/ou les oraux. Il demande donc à ce que toutes les convocations soient envoyées suffisamment tôt pour que les chefs d’établissements aient une vue d’ensemble.

Le Snes-FSU demande également à ce que les collègues « de réserve » reçoivent aussi une convocation afin d’éviter des interrogations, voire des tensions au sujet de collègues non convoqué.e.s.

L’IPR de lettres précise qu’ils tentent d ’éviter les convocations à la fois au BTS et au baccalauréat et, dans ce cas, font attention à donner des paquets de copies plus restreints. Les copies étant dématérialisées, les lots sont limités à 43 copies pour les BTS tertiaires et 45 pour les industriels. Il est expliqué également que la dématérialisation permet de reventiler les copies en cas d’absences. Les convocations se sont accompagnées de recommandations de décharger les collègues de cours. Les Snes-FSU est intervenu pour dire que la charge des absents ne doit pas retomber sur les présents mais que des collègues de réserve doivent être prévus. Mais les réserves ont été rapidement épuisées cette année ; 8 collègues harmonisateurs ont corrigé également des copies. L’harmonisation, à distance, se fait dans une logique d’explication et non de surveillance. Nous signalons tout de même des problèmes les années précédentes en éco-gestion de pression sur les correcteurs au fur et à mesure. La dématérialisation met en place un instrument qui permettrait ces pressions si les autorités hiérarchiques le souhaitaient

En réponse à nos questions, suite aux problèmes survenus lors de la passation des épreuves de Maths et de Physique à Maubeuge l’année dernière, d’autres points sont abordés pour éviter les incidents :

Calculatrices

Tous les modèles de calculatrices sont autorisés. Aucun surveillant de salle n’est autorisé à faire effacer le contenu de la calculatrice.

Quelle gestion des incidents ?}

Le rectorat a mené une enquête à l’interne sur les incidents de l’an dernier ; il annonce cette année la mise en place d’un numéro d’appel unique au DEC pour gérer les problèmes. Les explications téléphoniques seront doublées d’un mail ainsi que les réponses du DEC pour en garder aussi une trace. En cas de gravité accrue : cellules de suivi, au DEC, Recteur, IPR.

Prévention : chefs de centre vont recevoir des affiches rappelant l’usage des calculatrices, tous les chefs de centre ont été réunis et ont consigne de réunir les collègues surveillants pour faire passer ces consignes.

Élèves à besoins éducatifs particuliers : légalement, les candidats ont droit à leur ordinateur mais comment contrôler que rien, dans cet ordinateur, ne pourra aider l’élève pendant l’examen, comment lutter contre la fraude éventuelle ?
Réponse : le ministère a déjà été sollicité là-dessus ; le ministère réfléchit sur la problématique des aménagements d’épreuve. Mais un élève n’a pas le droit d’aller utiliser le contenu de son ordinateur. Il s’agit dans ce cas d’une fraude.

Les collègues nous font remonter également un vide concernant les tricheries lors d’examens à l’interne ; nous demandons un protocole ; le rectorat s’engage à le faire.
La donne a changé pour le rectorat dans la gestion des fraudes : la réponse n’est pas immédiate mais dans les 2 mois qui suivent l’annonce des résultats. C’est une commission très codifiée qui statue.

Concernant les délibérations de l’EAF, on note la présence des IPR. A la fin de l’année de Première, il y a toujours des harmonisations : il s’agit d’un bilan et non de changement des notes.
Les éléments du bilan sont transmis pour l’année suivante aux jurys de délibération de terminale : des points de vigilance sur des lots éventuellement problématiques sont signalés.

Dématérialisation des copies, c’est une décision nationale :

Démarrage en janvier 2020 ; cette année se fait une expérimentation sur la session 2019 en première ES et L, sur l’épreuve de Sciences (mercredi 19 juin dans les établissements) parce que ce sont des épreuves où le temps de correction est très réduit (2 jours maximum) 
Communication envers les correcteurs ; le 25 juin est prévue une formation des correcteurs à Arras (classiquement également lors de cette journée harmonisation des barèmes, copies tests) : c’est l’outil « santorin », module de « cyclades » qui est utilisé ; l’échange avec les correcteurs se fera jusqu’au 3 juillet. Des forums de discussion seront mis en place et seront suivis par des binômes de discussion.
En janvier 2020, 3 autres disciplines sont concernées lors de la première série d’épreuves communes en contrôle continu (E3C) en série générale = HG, LVA, LVB, 4 en séries technologiques avec les maths. Il y aura probablement des périodes imposées par le ministère pour la passation des épreuves.

Côté établissement :
Un scanner a été livré dans chaque établissement. Une formation à l’utilisation de ces appareils et un tutoriel de prise en main ont été mis en place. Le scan (temps de scan : 1h30 pour un ensemble de 600 copies) sera assuré par les lycées, l’anonymat des copies assuré par le logiciel.

Côté correcteurs :
Il s’agira également de fournir aux correcteurs en temps réel des outils de suivi de statistiques durant la période de correction, le logiciel choisi permet les annotations.
Une note donnée à la copie sera directement reportée sur « Imagine » ;
L’outil utilisé n’est pas le même que celui actuellement utilisé pour les BTS.

Le Snes-FSU est intervenu sur les risques et problèmes liés à dématérialisation :

Problèmes techniques et matériels :
Nous soulevons le problème du débit potentiellement problématique : le rectorat répond que des tests de débit ont été faits et que les collectivités sont impliquées.

Quels ordinateurs seront mis à disposition des collègues ? Nous rappelons que les collègues n’ont parfois qu’un ordinateur portable, dont l’écran est souvent trop petit pour visualiser une copie entière. Les salles des professeurs n’ont souvent pas autant d’ordinateurs que de collègues. Le ministère a-t-il prévu de doter tous les professeurs de matériel informatique adapté ?

Problèmes de ressources humaines : des personnels supplémentaires seront-ils affectés dans les secrétariats et chez les agents pour la numérisation des copies à plusieurs moments de l’année ? Le rectorat minimise la quantité de travail supplémentaire. Nous rappelons que les épreuves à l’interne sont parfois déjà difficiles à organiser (convocations, plannings, salles à préparer...) et que les lycées ne peuvent pas prendre en charge indéfiniment du travail qui était fait au rectorat auparavant (dans une période de suppression d’agents administratifs, moins 38dans l’académie à la rentrée prochaine). D’autant qu’il s’agira de faire corriger le plus souvent par des collègues du même établissement…

Risques de souffrance au travail (RPS) :
Troubles Musculo Squelettiques : des postes et sièges adaptés seront-ils prévus ?
Des collègues pourraient avoir des problèmes de vue, à travailler 8 ou 10 heures devant un écran.
La dématérialisation implique un changement profond dans l’acte de corriger : y aura-t-il toujours la possibilité de revenir en arrière ? Le collègue peut se sentir surveillé à distance : la liberté du correcteur doit être conservée à l’abri d’ une forme de regard en direct, des injonctions, et de remarques sur son temps de connexion.
L’IPR de Lettres répond qu’en BTS, la dématérialisation donne la liberté de contacter les collègues, non pour reprocher de ne s’être pas connecté mais pour déceler des problèmes éventuels de connexion par exemple…
L’harmonisation en direct permet de rappeler quelles sont les statistiques, et d’éclairer le contexte. Il n’y a pas de suivi particulier sur le temps de correction. Nous rappelons que l’écran instaure une barrière entre les interlocuteurs et que ces remarques peuvent être mal reçues comme cela l’a été dans certaines filières tertiaires de BTS par exemple.

Rémunération des examinateurs

C’est une question que nous portons depuis longtemps.

Le rectorat rappelle les textes. Le problème reste toujours celui des oraux où le rectorat s’obstine à rémunérer au candidat (sans compter le temps de préparation ou d’accueil) alors que depuis 2012, les textes prescrivent une rémunération à l’heure. Le rectorat dit qu’il va examiner la question et qu’il est en cours de réflexion sur ce sujet. Nous argumentons en expliquant qu’un examinateur qui interroge durant 4h est ainsi rémunéré sur la base de 2h20…

Les indemnités de remboursement des frais ont fait l’objet d’un nouveau décret :
Décret 2019-139 pour le remboursement des frais de déplacement et nuitées :
Nuitées :
Province : 70€
Villes >200 000 habitants : 90 € (c’est le cas de Lille)
Villes du grand Paris : 90 €
Paris : 110 €

2nd classe et tarif des repas : 15,24 € (moitié du prix lorsque le repas est consommé dans un restaurant scolaire).
Pas de remboursement dans les communes limitrophes et au sein de la MEL.

Le Snes-FSU renouvelle sa demande d’un décompte clair pour que les collègues sachent ce qui leur est versé : impossibilité de comprendre sur quelles bases sont calculées les indemnités d’examen, réel manque de clarté avec des versements étalés sur plusieurs mois parfois. Il y a nécessité de plus de lisibilité.

A la demande du Snes-FSU, il y aura à la rentrée deux groupes de travail :
l’un sur les examens en général
l’autre sur l’EAF.

Dernière minute : nous apprenons que les professeurs de philosophie perdent une demi-journée de correction de leurs nombreuses copies, en raison de la prolongation de la journée d’harmonisation sur la journée entière. Le Snes-FSU intervient au rectorat pour faire repousser la date