26 décembre 2019

1000 - Les articles des BA

BA317 - Éducation prioritaire : Tentative de dynamitage

Maintes fois repoussée, la remise du rapport Mathiot-Azéma Missions, territoires et réussite ») a eu lieu le 5 novembre. JM Blanquer n’a jamais caché son intention d’en appliquer les grands principes, conformément aux préconisations de la Cour des Comptes, avide d’économies budgétaires.
La nouvelle gouvernance préconisée par le rapport Mathiot-Azéma vise clairement à outiller l’échelon académique au nom d’une « nouvelle grille territoriale » qui encouragera la délabellisation des REP.

Un laboratoire de la territorialisation de l’éducation
Au lieu d’une politique d’éducation prioritaire prenant appui sur des indicateurs sociaux, tous les particularismes territoriaux pourront entrer en jeu, notamment ceux de la ruralité avec le nouvel indice d’éloignement des collèges (des structures éducatives, culturelles et sportives). Dans le cadre d’un budget contraint, il s’agit donc bien d’un redéploiement des moyens des REP (DGH), mais aussi des REP+ (dès la rentrée 2020 !) qui, compte-tenu de la configuration spatiale et sociale de notre académie, ne peut aboutir qu’à une dissolution géographique de l’Éducation prioritaire.

REP+ : un label menacé par le dispositif « Cités éducatives »
La mise en place des cités éducatives est l’autre volet du désengagement, puisque le maintien de la labellisation se fait en contrepartie de la mise sous tutelle des pouvoirs locaux et du monde de l’entreprise. Il s’agit, à terme, de réduire le périmètre des REP+ aux seules « cités éducatives ».

Un laboratoire de la redéfinition des missions des personnels
Se profilent, au niveau académique, des mesures favorisant la bivalence, la mise en concurrence des personnels déjà affectés avec ceux qui occuperaient des postes à profil, mais aussi avec des contractuels recrutés au local avec la promesse d’une CDIsation rapide. Enfin, la prime REP serait supprimée et les moyens repris octroyés en prime d’installation au bénéfice des nouveaux arrivants dans des établissements non attractifs, ruraux compris !

Dès maintenant, le Snes-Fsu veut mobiliser contre la réforme envisagée de l’EP : délabellisation, révision des règles d’allocation des moyens, conditionnalité d’une partie de la prime REP+, remise en cause de l’indemnité de sujétion spéciale en REP, hausse des effectifs par classe.

Jean-François Carémel