Le 22 octobre, JM Blanquer lançait son « Grenelle de l’Éducation » pour une « évolution profonde du système éducatif et des métiers des personnels de l’Éducation nationale ». Dans un « incubateur », des ateliers sont conduits par des « personnes issues de la société civile ». Tel Raphaël Ibanez, le sélectionneur de l’équipe de France de rugby chargé... des « collectifs pédagogiques ».
Ce « Grenelle » est donc d’abord une imposture à vocation médiatique, aux antipodes des négociations de mai 1968. Alors qu’à l’époque le gouvernement Pompidou et le patronat étaient contraints d’augmenter le SMIG de 35%, et les autres salaires de 10%, sans conditions, JM Blanquer appelle « revalorisation historique » des augmentations minimes qui excluent 69% des enseignant.e.s, et une prime d’équipement qui écarte professeurs documentalistes et CPE. Quant aux AED et aux AESH, le mépris est total.
Le Grenelle se veut aussi une opération – ratée – de diversion, pour cacher les 1800 suppressions de postes infligées aux collèges et aux lycées pour la rentrée 2021 : avec 194 suppressions (record national), on comprend mieux pourquoi notre académie serait expérimentale pour une dissolution de l’éducation prioritaire qui ne dit pas son nom.
Le Snes, avec la FSU, a porté la voix des personnels, mais ne se faisait aucune illusion et a quitté cette mascarade début décembre : le 26 janvier, nous ferons grève, bien sûr pour dénoncer les suppressions de postes, la charge de travail et la précarité ; mais nous rejetterons aussi un anti-
Grenelle qui dessine un système éducatif libéral, où les personnels seraient mis en concurrence pour décrocher des primes, et sommés d’atteindre les objectifs chiffrés du contrat d’établissement.

Jean-François Carémel