Le groupe de travail AESH s’est réuni le 15 septembre 2026. Cette réunion a permis de faire le point sur les effectifs, les PIAL, la mobilité des personnels, le guide AESH, les missions, les conditions de travail, les frais de déplacement ainsi que sur le dossier de la rétroactivité des indemnités REP/REP+.
Pour notre organisation syndicale, si l’administration met en avant l’augmentation du nombre d’AESH, de nombreuses questions restent posées quant aux conditions de travail, à la reconnaissance professionnelle et aux moyens réellement accordés à l’École inclusive.
Plus de 10 000 AESH dans l’académie
L’académie compte aujourd’hui 10 766 AESH et 105 APSH. Les femmes représentent 94,77 % des effectifs contre 5,23 % d’hommes.
La moyenne d’âge est de 45 ans, avec un rajeunissement des personnels consécutif notamment aux départs en retraite.
Concernant le statut, 82,32 % des AESH sont en CDI et 17,68 % en CDD. La quotité moyenne de travail s’établit à 63 %.
L’académie compte également 192 PIAL, dont 117 dans le Pas-de-Calais et 75 dans le Nord. 155 PIAL relèvent du secteur public et 37 du secteur privé.
Des moyens supplémentaires annoncés
Le rectorat annonce une enveloppe de 86 ETP supplémentaires, ainsi que 104 nouveaux AESH à la rentrée.
Selon l’administration, cette augmentation du nombre d’AESH, conjuguée à une baisse du nombre de notifications, devrait permettre de réduire le nombre d’élèves accompagnés par chaque AESH.
Nous resterons particulièrement vigilants sur ce point. L’arrivée de nouveaux personnels ne doit pas seulement se traduire par des chiffres supplémentaires : elle doit permettre une réelle amélioration des conditions d’accompagnement et des conditions de travail.
Le fonctionnement des PIAL, quant à lui, reste inchangé.
Turn-over : un phénomène qui doit interroger l’administration
Le taux de démission annoncé est de 3 %, sachant que ce chiffre englobe l’ensemble des départs : démissions, départs en retraite, réussites aux concours, etc.
Le turn-over est particulièrement marqué sur les secteurs de Lille, Roubaix et Tourcoing.
L’administration souligne également que, depuis sept ans, le salaire des AESH serait celui qui aurait le plus augmenté dans la fonction publique.
Cette présentation ne doit cependant pas faire oublier la réalité des personnels : les AESH restent majoritairement employés à temps incomplet et beaucoup ne disposent pas d’une rémunération leur permettant de vivre correctement de leur métier.
Une augmentation salariale, aussi nécessaire soit-elle, ne peut donc pas suffire à régler la question de la précarité.
Mobilité inter-PIAL : une priorité supplémentaire demandée
Cette année, 365 demandes de mobilité inter-PIAL ont été enregistrées. Le taux de satisfaction s’élève à 77 %, avec 82 demandes refusées.
Les critères actuellement retenus par ordre de priorité sont :
• le handicap ;
• l’ancienneté ;
• le périmètre ;
• le déménagement ;
• le rapprochement de conjoint.
Notre organisation syndicale a demandé qu’un nouveau critère de priorité soit ajouté afin de prendre en compte les AESH qui demandent depuis plusieurs années un changement de PIAL.
Cette situation doit être reconnue. Un AESH qui renouvelle sa demande année après année doit pouvoir voir sa situation prise en compte dans les critères de mobilité.
Guide AESH : les personnels doivent être les premiers informés
Une première version du guide AESH avait été diffusée avant l’été. Pourtant, tous les PIAL ne l’ont pas transmis aux personnels.
Cette situation est problématique : les AESH sont les premiers concernés par ce document et doivent pouvoir disposer de toutes les informations relatives à leurs missions et à leurs droits.
Après plusieurs corrections et ajouts, une nouvelle version devrait être diffusée pour les vacances d’automne. Le site internet doit également être actualisé.
Le guide sera enrichi avec davantage d’exemples afin de mieux répondre aux situations rencontrées par les personnels.
Nous avons également souligné l’importance d’organiser une réunion avec les pilotes et les coordonnateurs de PIAL afin de présenter le guide et d’assurer une information identique dans l’ensemble des PIAL.
Des missions qui doivent être clairement définies
La question des actes de la vie quotidienne continue de poser problème, notamment concernant l’accompagnement aux toilettes lorsque l’élève est adolescent.
Les personnels se retrouvent parfois face à des situations pour lesquelles les limites de leurs missions ne sont pas clairement définies.
Quels gestes relèvent des missions de l’AESH ? Lesquels relèvent du domaine médical ? Jusqu’où peut intervenir l’AESH en matière d’hygiène ?
L’administration reconnaît la complexité du sujet et indique qu’il n’existe pas, à ce jour, de modèle de réponse unique.
Pour nous, il est indispensable que les limites de compétence des AESH soient clairement définies et respectées. Les personnels ne peuvent pas être laissés seuls face à des situations qui peuvent engager leur responsabilité.
Élèves présentant des difficultés majeures de comportement
Concernant les élèves présentant des difficultés majeures de comportement, le message de l’administration est clair : un AESH ne doit en aucun cas intervenir seul.
La prise en charge doit être collective et les situations de crise doivent être anticipées par l’ensemble de l’équipe.
Nous partageons ce principe : l’AESH n’est ni un personnel médical, ni un éducateur spécialisé, ni un personnel chargé à lui seul de gérer une crise.
Les équipes doivent disposer de moyens, de personnels formés et d’un véritable accompagnement institutionnel.
Les fiches RSST : des situations de travail qui doivent être prises au sérieux
Pour l’année 2025/2026, 21 fiches RSST ont été recensées. Elles concernent notamment :
• les agressions d’élèves ;
• les rapports sociaux et la reconnaissance au travail ;
• les incidences familiales ;
• les déplacements dans le PIAL ;
• le respect des préconisations ;
• les problèmes liés aux locaux, notamment les rongeurs et les problèmes électriques ;
• les conflits de valeurs autour de la laïcité.
Lorsqu’une fiche RSST concerne un agent, le SAGERE contacte le PIAL afin de rechercher une solution en interne, au niveau local.
Nous rappelons que le registre santé et sécurité au travail est un droit pour les personnels. Les AESH doivent pouvoir signaler leurs difficultés sans crainte et obtenir des réponses concrètes de la part de l’administration.
Frais de déplacement : une nouvelle procédure
Aucune modification n’est annoncée concernant les règles académiques de remboursement des frais de déplacement.
Les frais peuvent être pris en charge lorsque l’AESH intervient en dehors de sa résidence administrative (PIAL) ou de sa résidence personnelle, conformément aux règles applicables.
Une nouvelle procédure numérique est mise en place pour effectuer les demandes d’OMP. L’objectif annoncé est de simplifier et de sécuriser les démarches.
Nous avons demandé que le guide AESH intègre un QR code permettant d’accéder directement à cette nouvelle procédure.
Les déplacements effectués dans le cadre d’un ordre de mission académique seront remboursés.
Rétroactivité REP/REP+ : le dossier avance, mais reste encore à finaliser
Le dossier de la rétroactivité des indemnités REP/REP+ continue d’avancer.
Sur 1 102 demandes analysées :
• 2 demandes ne sont pas recevables ;
• 297 demandes restent incomplètes malgré les relances du SAGERE ;
• 803 protocoles ont été envoyés, pour un montant de 2,53 millions d’euros.
Parmi ces 1 102 demandes, 579 protocoles ont été signés, contre seulement 2 refus de signature.
Le montant des indemnités et des intérêts représente 1,96 million d’euros.
Afin d’accélérer le traitement des dossiers, 10 nouveaux gestionnaires de paie sont actuellement en formation.
Des inquiétudes concernant les conséquences de la signature
Plusieurs AESH s’interrogent sur les conséquences de la signature ou de la non-signature du protocole, notamment sur les éventuelles répercussions concernant les impôts, la CAF ou d’autres prestations.
Ces interrogations doivent être entendues.
Les AESH doivent pouvoir bénéficier d’une information claire et précise sur les conséquences financières et administratives avant de prendre une décision.
AESH : formation et protection des personnels
En 2025-2026, 1 633 AESH sont concernés par la formation d’adaptation à l’emploi, organisée en trois étapes : 38 heures à distance sur Magistère, 15 heures en visioconférence avec les circonscriptions et 7 heures de formation PSC1.
Par ailleurs, 826 AESH bénéficient de formations proposées sur la base du volontariat, autour de 7 thématiques différentes.
Concernant la protection des personnels, 5 demandes de protection fonctionnelle ont été déposées par des AESH en 2025-2026 et les 5 ont été accordées. Ce nombre est en baisse par rapport à l’année précédente.
Depuis 2022, 28 AESH ont également fait appel au dispositif d’écoute et de signalement VHDA.
Pour notre syndicat, ces chiffres montrent l’importance de maintenir une formation accessible et adaptée aux réalités du terrain, mais également de garantir aux AESH une véritable protection et un accompagnement lorsqu’ils rencontrent des situations difficiles dans l’exercice de leurs missions.
