Si la suppression d’un seul poste de CPE pour notre académie peut paraître bien maigre, à côté du rouleau compresseur que doivent subir nos collègues enseignants pour la rentrée prochaine, c’était sans compter la politique académique visant à dégrader davantage les conditions de travail de la catégorie.
Une mesure budgétaire nationale insupportable !
Le SNES-FSU a pu dénoncer, notamment dans le cadre des instances nationales et académiques, cette suppression de poste, qui s’inscrit non pas dans la fable démographique du gouvernement, mais dans une pure gestion comptable de moyens à budget constant. En effet, au niveau national, aucun retrait d’emploi de CPE n’a été décidé. Si l’académie sera amputée d’un poste de CPE, c’est uniquement pour financer un redéploiement vers une autre académie.
Le SNES FSU ne cesse d’exiger à l’échelle nationale un plan pluriannuel de créations de postes de CPE permettant de répondre aux besoins des établissements ainsi qu’à l’ambition de la circulaire de mission de 2015. Le SNES FSU porte l’exigence d’un poste de CPE pour 250 élèves.
Pour notre académie, c’est plusieurs centaines de postes qu’il faudrait créer aujourd’hui pour répondre à ces besoins.
Retour des demi-postes de CPE : Une politique académique inacceptable !
Les organisations syndicales ont été destinataires pendant les congés du « projet » du rectorat concernant la préparation de rentrée des CPE qui sera présenté lors d’un groupe de travail à venir et à l’occasion du prochain CSA académique.
Alors que l’administration aurait pu se limiter à la suppression d’un unique poste de CPE, ce sont finalement 4 CPE de l’académie qui seront en mesure de carte scolaire en vue de la rentrée prochaine. Et pour cause, le rectorat semble faire le choix du renoncement.
En effet, il y a plusieurs années maintenant, le Rectorat s’était engagé, en réponse à l’importante mobilisation des personnels et des établissements, à rompre avec la politique des postes en service partagé des CPE et à résorber progressivement les demi postes existants par des créations, lorsque les moyens seraient alloués à l’académie.
Pourtant, pour la rentrée prochaine, ce sont 2 nouveaux postes à complément de service qui seront créés par le rectorat pour financer la mesure budgétaire imposée par le ministère.
En plus de ces mesures, la rectrice propose également, alors que rien ne l’y oblige, de redéployer 1.5 postes au sein de l’académie, plaçant ainsi 2 personnels supplémentaires en mesure de carte scolaire pour financer la gestion d’une pénurie organisée.
La catégorie exposée !
Si les mesures peuvent paraître peu importantes, elles s’ajoutent à des années de perte de pouvoir d’achat et de dégradation des conditions de travail des CPE avec la multiplication des casquettes de référents, les injonctions contradictoires, une charge de travail explosive etc.
Au delà de cela, ces mesures, qui rompent avec la politique éducative portée ces dernières années, sont particulièrement dangereuses pour les conditions d’exercice du métier de CPE : les accepter aujourd’hui, c’est accepter que dans les prochaines années, le rectorat puisse multiplier de nouveau les postes en service partagé pour les CPE !
Des établissements en danger !
Les collèges et lycées qui subissent ces suppressions de postes de CPE, payent également un lourd tribu en ce qui concerne les moyens d’enseignement. Pour ces établissements, c’est toute une offre de service public qui se trouve actuellement menacée.
Le SNES-FSU, majoritaire dans le second degré, est à l’offensive contre les suppressions d’emplois, les baisses des dotations, les fermetures de classes et le manque de personnels (professeur.es, CPE, AESH, AED, Psyen) dans nos établissements scolaires !
