Depuis la création de la Région Académique, le CSA de Région Académique se prononce sur la Carte des Formations professionnelles sous statut scolaire, une compétence partagée du rectorat de région et du conseil régional. Depuis plusieurs années, les représentants SNES-FSU au CSA s’inquiètent de pouvoir maintenir des formations professionnelles sous statut scolaire en BTS dans les lycées publics sans des enseignants formés pour répondre aux besoins spécifiques de certains enseignements.
Le mardi 06 janvier 2026 s’est enfin tenu dans le cadre du CSA de Région Académique (académies d’Amiens et de Lille) un Groupe de Travail GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences), alias RH, en BTS industriels. Le changement de rectrice a quelque peu retardé son avènement, mais tout vient à point à qui sait... relancer !
La FSU avait en effet demandé l’organisation d’un tel GT il y a plus d’un an face aux remontées alarmantes du terrain sur le vieillissement des RH en enseignements technologiques et professionnels en BTS industriels, et les difficultés déjà constatées dans certains lycées pour animer les cours en BTS industriels faute de volontaires pour muter sur certains établissements en S2I ou pour assurer ces cours en post-bac.
Les services RH des rectorats d’Amiens et de Lille ont fourni des données très intéressantes confirmant malheureusement les craintes de la FSU : dans l’académie d’Amiens, 37% des collègues de S2I ou de physique appliquée enseignant en BTS ont plus de 55 ans, et dans l’académie de Lille, 48% ont plus de 55 ans !
Ce vivier d’enseignants formés avant la réforme des valences au CAPET et ayant souvent des savoirs et savoir-faire très solides de par leur formation initiale, leur éventuelle expérience en entreprise, et leur longue expérience dans l’enseignement vont pour beaucoup d’entre eux partir en retraite dans les cinq ans à venir ; or nous constatons déjà à quel point il est difficile de remplacer ceux et celles qui sont déjà partis, les enseignants moins expérimentés se sentant parfois démunis face à des référentiels d’activités de BTS pour lesquels ils n’ont pas été formés.
Les quatre représentants du SNES-FSU présents au GT ont donc rappelé au rectorat l’importance d’étudier cette question RH très sérieusement et très rapidement, et de mettre en œuvre un plan d’action pour repérer les établissements et BTS qui risquent d’être en difficulté à court et moyen termes pour trouver des enseignants volontaires, et pour proposer aux professeurs de S2I enseignant en secondaire qui hésitent à se lancer en BTS des formations aux niveaux académique et local ou des dispositifs de tuilage qui leur permettent de se préparer en amont en toute quiétude. Nous avons pointé l’importance du rôle des IPR qui de par leur présence sur le terrain (RDV de carrière, réunions d’équipes, etc...) peuvent repérer les situations critiques en établissements, et accompagner et conseiller les collègues enseignant en secondaire qui souhaiteraient s’essayer au post-bac, notamment en organisant des formations adéquates.
Nous n’avons pas manqué de rappeler que ces formations ou tuilages devront être proposés sur le temps de travail et non en visio le mercredi après-midi ou en soirées.
La gestion des RH relevant de la compétence de chaque académie, le Secrétaire Général Adjoint de Région Académique s’est engagé à transmettre les données et nos suggestions aux services concernés pour organiser un plan d’action. Nous ne manquerons pas de suivre cela en CSA académique.
Nos deux académies disposent encore _ fort heureusement !_ d’un vivier d’enseignants de S2I motivés, et ouverts à enseigner en BTS s’ils sont accompagnés par les plus expérimentés à l’exercice : ne le gâchons pas par manque de prévoyance et d’anticipation des besoins !
A moins de vouloir faire disparaître les BTS industriels qui ont permis l’accès à des diplômes du supérieur à de nombreux élèves en particulier issus des classes sociales défavorisées et qui devront aider à la ré-insdustrialisation de notre pays, il est urgent de prendre la mesure du désastre annoncé et d’agir dans l’Education Nationale.


