14 juin 2026

Les personnels

Audience AESH du 9 juin 2026 : nos revendications restent plus que jamais d’actualité

Le 9 juin 2026, nous avons été reçus en audience par M. Aucouturier et M. Rataj afin d’échanger sur les conditions de travail des AESH, la mise en place des PAS, les difficultés liées aux affectations et au versement des indemnités journalières.

En ouverture de séance, une déclaration commune portée par la FSU et soutenue par l’ensemble des organisations syndicales présentes a été lue. Nous y avons rappelé nos revendications essentielles : la création d’un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, la reconnaissance d’un temps plein à 24 heures d’accompagnement et l’abandon des PAS.
Cette déclaration sera transmise à la rectrice qui la fera suivre au ministère.

Une dégradation continue des conditions de travail
Nous avons rappelé l’évolution préoccupante des missions des AESH. Alors qu’il y a quelques années un(e) AESH accompagnait généralement deux à trois élèves, la mutualisation a considérablement augmenté le nombre d’élèves suivis. Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un(e) AESH accompagne jusqu’à huit élèves.
Cette organisation a également des conséquences directes pour les élèves. Certains se retrouvent accompagnés par quatre ou cinq AESH différents au cours de l’année. Pour des élèves présentant notamment des troubles du spectre de l’autisme, ces changements répétés peuvent être particulièrement déstabilisants.
Nous avons dénoncé une situation qui met à mal la qualité de l’accompagnement et qui constitue une forme de maltraitance institutionnelle, tant pour les élèves que pour les AESH.
Nous avons également alerté sur l’évolution des situations de handicap prises en charge. Les besoins sont de plus en plus importants et les AESH sont parfois confrontés à des situations de violence sans disposer des moyens ni de la reconnaissance nécessaires.
M. Aucouturier a affirmé que le métier d’AESH était reconnu par les familles, les personnels de l’Éducation nationale et l’opinion publique. Il a réaffirmé le caractère indispensable des AESH dans l’école inclusive tout en reconnaissant la difficulté des conditions de travail actuelles.
Concernant nos revendications, il nous a été indiqué que l’académie applique les orientations décidées au niveau national et qu’aucune annonce nouvelle n’est, à ce jour, prévue par le ministère.

Affectations et mobilité : des difficultés persistantes
Nous avons également interpellé l’administration sur les affectations tardives et les difficultés rencontrées lors des demandes de changement de PIAL.
Chaque année, de nombreux collègues se retrouvent dans l’incertitude jusqu’à la veille de la rentrée, avec des conséquences importantes sur leur organisation personnelle et professionnelle.
L’administration reconnaît les difficultés mais les justifie par les ajustements permanents liés aux notifications MDPH, aux nouvelles notifications ou aux retraits intervenant parfois très tardivement.
Selon M. Aucouturier, des améliorations pourraient être envisagées à partir de la rentrée 2027. Nous resterons particulièrement vigilants sur ce point.

Indemnités journalières : une situation inacceptable
Nous avons dénoncé les difficultés rencontrées par de nombreux AESH lors des arrêts de travail.
Trop souvent, les retenues sur salaire interviennent avant même le versement des indemnités journalières, plaçant certains collègues dans des situations financières très compliquées.
L’administration reconnaît les dysfonctionnements et admet que les outils de gestion actuels ne permettent pas un traitement suffisamment efficace de ces situations.
Pour notre organisation syndicale, cette situation n’est pas acceptable et doit faire l’objet de mesures correctrices rapides.

PAS : une expérimentation qui se poursuit malgré l’opposition syndicale
Nous avons rappelé notre opposition au dispositif des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS).
Malgré le rejet exprimé dans les instances consultatives, l’expérimentation se poursuit par voie réglementaire.
L’administration nous a indiqué que l’académie de Lille appliquera les consignes ministérielles. Elle estime également que les organisations syndicales portent un regard trop négatif sur le dispositif et affirme disposer de retours positifs.
À la rentrée prochaine, 99 PAS devraient être déployés dans l’académie.
Les postes de coordonnateurs PAS seront occupés par des enseignants du premier ou du second degré recrutés par le rectorat, avec un CAPPEI souhaité. Les éducateurs spécialisés relèveront de l’ARS, qui financera ces postes à hauteur de 133 000 euros.
Nous continuons à dénoncer un dispositif qui risque d’éloigner encore davantage les réponses apportées aux besoins réels des élèves et de fragiliser les missions des AESH.

Remplacement des AESH : toujours pas de solution satisfaisante
Nous avons enfin évoqué les difficultés récurrentes de remplacement des AESH absents.
L’administration attribue ces difficultés aux contraintes budgétaires actuelles. Elle indique néanmoins qu’il est possible de recourir à des heures complémentaires effectuées par les AESH en poste afin de pallier certaines absences.
Cette réponse reste largement insuffisante au regard des besoins constatés sur le terrain.

Respect des préconisations liées à la RQTH
Nous avons également évoqué la question du respect des préconisations liées à la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH).
Il nous a été indiqué que la mise en œuvre concrète des aménagements et préconisations relève principalement des responsables de PIAL. Or, nous constatons que certaines notifications ou recommandations ne sont pas toujours appliquées sur le terrain.
Nous rappelons que les aménagements prévus dans le cadre d’une RQTH doivent être respectés par l’employeur afin de permettre aux collègues concernés d’exercer leurs missions dans des conditions adaptées à leur situation de santé.
Nous invitons les AESH confrontés à des difficultés ou à un non-respect de leurs préconisations à prendre contact avec leur organisation syndicale afin que nous puissions intervenir auprès de l’administration et faire valoir leurs droits.

Nous poursuivrons nos mobilisations
Cette audience confirme une nouvelle fois l’écart important entre les difficultés vécues quotidiennement par les AESH et les réponses apportées par l’administration.
Nous continuerons à porter nos revendications pour :
• un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B ;
• une revalorisation salariale significative ;
• un temps plein à 24 heures d’accompagnement ;
• l’amélioration des conditions de travail ;
• des affectations plus transparentes et anticipées ;
• l’abandon des PAS.
Nous resterons mobilisés aux côtés des AESH pour faire entendre ces revendications auprès du rectorat et du ministère.