21 juin 2026

Actualité

Canicule : le mode d’emploi du Snes-FSU pour être protégé-es

Canicule : le mode d'emploi du Snes-FSU pour être protégé-es

Sans surprise, le Ministère reste accroché à la doctrine du cas (et c’et le sens également du message adressé au Snes-FSU par la rectrice) pour laisser croire qu’il a anticipé la canicule. Et qu’il suffirait donc d’adapter au local un dispositif national ... qui n’existe pas !
Mode d’emploi pour sortir du renvoi au local.

Dans la situation que nous traversons, le Snes veut jouer son rôle de syndicat majoritaire pour obtenir des mesures nationales, car la gestion au cas par cas conduit automatiquement à des organisations différentes qui ne répondent pas à la gravité de la situation.

Les actions du SNES-FSU
Après la réunion au ministère (compte-rendu de la réunion : https://www.snes.edu/article/compte-rendu-de-la-reunion-canicule-juin-2026/), la section académique s’est adressé à la Rectrice pour exiger la mise en œuvre de mesures de prévention adaptées, pour que des consignes soient données aux cheffes d’établissement, pour qu’une attention particulière soit réservée aux agentes présentant des pathologies particulières, invitées à se signaler*, et pour que des consignes claires soient adressées aux personnels, respectueuses de leurs métiers et permettant d’assurer leur sécurité.
Nous avons obtenu samedi 20 une réponse qui, sans surprise, considère que la gestion des aménagements peut se faire au cas par cas, tout en nous invitant à faire remonter les situations problématiques.

Les outils
Remplir le registre Santé Sécurité (lire plus bas)
Lancer une pétition pour exiger du rectorat la suppression, totale ou partielle des cours, ou le le report des épreuves du bac programmées l’après-midi
Adhérent-es : informer le SNES-FSU en transmettant les températures relevées sur votre lieu de travail
L’article dédié et les outils sur le site national : https://www.snes.edu/canicule-2026/

Renseigner le Registre Santé et Sécurité au Travail (SST)
Où le trouver ?
https://lille.snes.edu/Tutoriel-renseigner-le-registre-Sante-Securite-et-Conditions-de-travail-et-y.html
Quels risques signaler ?
 Températures élevées (mentionnez-les) et durée de l’épisode de chaleur
 Observations sur la santé des personnels et des élèves (difficultés rencontrées dans le travail, par exemple sur la concentration, la fatigue ou les conflits et signalez tout cas de malaise, de syndrome d’épuisement, de déshydratation ou de de coup de chaleur…)
 Accès insuffisant à l’eau, etc
 observations sur l’inadaptation du bâti ou les équipements : inefficacité thermique, manque de protections solaires, fenêtres condamnées, difficultés d’accès à l’eau, manque de végétalisation…Caractérisez les
Il est utile d’appuyer la description sur des éléments chiffrés
Quelles mesures de protection demander (dans l’onglet "suggestions") ?
Exemples :
- ajuster l’aménagement de la charge de travail, des horaires, de l’organisation, les procédés de travail : ce peut être bien sûr la fermeture de l’établissement ou la fin anticipé des cours pour éviter l’exposition aux risques encore plus élevés l’après-midi.
- revoir l’agencement et l’occupation des lieux et postes de travail
- réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées et améliorer la ventilation
- mettre à disposition de l’eau potable fraîche pour la boisson
- fournir des équipements de travail appropriés
- communiquer sur les procédures à mettre en œuvre auprès des agents
- protéger les agents vulnérables (communiquer auprès de l’ensemble des agents sur les dispositifs spécifiques pour les personnels vulnérables)

Est-ce que c’est vraiment utile ?
OUI !
Nos élu.es en f3sct académique (formation spécialisée en santé et sécurité au travail) pourront s’emparer des signalements exprimés via les fiches RSST pour intervenir en instances et émettre des préconisations sur les adaptations nécessaires pour mette fin à l’inconfort, voire à la souffrance, des personnels qu’ils et elles représentent. Cela pourra également être relayé via la f3sct au niveau ministériel.

RAPPEL. Forte chaleur : droits des agent-es, obligation de l’employeur
Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, les « épisodes de chaleur extrême » concernent les épisodes « jaune », « orange » ou « rouge ».

Dès le déclenchement des vigilances, des mesures de prévention adaptées doivent être mises en œuvre par l’employeur, notamment :
– l’adaptation de l’organisation du travail, des locaux et des horaires de travail
– la mise en œuvre de moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire
– la mise à disposition d’eau potable fraîche et d’équipements de protection individuelle
– l’information et formation adéquates des personnels.
Ces règles du code du travail s’appliquent à l’Éducation Nationale. Si aucune modalité d’aménagement ne permet l’accueil des personnels et des élèves en toute sécurité, la question de la fermeture de l’établissement doit être posée.

Les employeurs sont responsables de la santé au travail des salariées et doivent prendre des mesures afin d’évaluer, de supprimer ou de limiter les risques. Dans le code du travail, il n’existe pas de seuil à partir duquel la température serait trop élevée pour permettre le travail. Néanmoins, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), indique « au delà de 30 °C pour une activité de bureau et de 28 °C pour un travail physique, la chaleur peut constituer un risque pour la santé des salariés ».
L’évaluation de ces risques liés aux expositions à la chaleur est une obligation de l’employeur, renforcée par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, qui ajoute un article R4463-2 au Code du travail : « L’employeur évalue les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur ou en extérieur. Lorsque l’évaluation identifie un risque d’atteinte à la santé ou à la sécurité des travailleurs, l’employeur définit les mesures ou les actions de prévention prévues au III de l’article L. 4121-3-1. »
Les femmes enceintes et personnels présentant des situations de santé particulières doivent prendre contact auprès de leur médecin traitant et signaler le plus tôt possible leur situation aux services de médecine de prévention pour bénéficier de mesures de protection particulières :