Retour sur le Ceser Hauts de France qui s’est réuni ce mardi 7 avril pour porter un avis sur le projet de budget primitif de la Région Hauts de France.
Alors que le montant des dotations de l’Etat baisse de 23%, les recettes régionales vont augmenter en 2026 grâce en particulier à la fiscalité indirecte et aux recettes issus de la reprise en pleine propriété du transport ferroviaire régional.
Le chiffre du montant global de recettes s’établit à 4,6 milliards pour 4,15 milliards d’euros de dépenses
Le conseil régional a fait le choix politique d’utiliser ces marges retrouvées pour augmenter le montant de l’épargne brute et privilégier la capacité de désendettement. Alors que les recettes de fonctionnement vont augmenter de 42,5 millions, les dépenses de fonctionnement vont à nouveau baisser de 21 millions, le tout après une baisse de 107 millions en 2025 dans le Budget Primitif. Ce sont ainsi toute une série de dépenses sectorielles qui vont être touchées. La déclaration que la FSU a présenté avec le groupe ATS lors de l’Assemblée plénière du CESER le 7 avril dernier dénonce ces choix et fait part de grandes inquiétudes pour les conséquences de ces baisses budgétaires sur les politiques régionales.
– Baisse des crédits sur la politique de l’eau ne permettant peut-être même plus de servir de levier pour percevoir des fonds européens et en total décalage avec la feuille de route 2025-2028 récemment adoptée. Quid de la capacité à gérer cette ressource face aux aléas climatiques alors que notre région a été confrontée à des inondations importantes il ya 3 ans
– Erosion des crédits de la politique de la ville depuis 2024 alors qu’ils concernent 12,5% de notre population régionale parmi la plus défavorisée ;
– Aménagement du territoire moins financé au risque d’encourager des déséquilibres infrarégionaux ;
– Baisse du budget des espaces naturels régionaux alors qu’ils engagent une nouvelle phase de labellisation ;
– Baisse dramatique des crédits de soutien à l’enseignement supérieur de près de 32% alors que nous sommes la 5e région en termes d’effectifs étudiants avec des effets sur la rénovation et la construction des bâtiments.
– Budget régional de soutien à la recherche en baisse de 50% depuis 2018 alors que nos chercheurs déposent des brevets et que nos besoins en innovation sont forts ;
- Baisse des crédits pour la restauration scolaire alors que nous sommes très loin des objectifs de la loi Egalim,
– Fin du dispositif de déprécarisation des agents, personnels vacataires (PEC) dans les lycées ;
– Schéma directeur immobilier et énergie loin d’être financé alors que nos lycées ont d’énormes besoins de rénovation énergétique ;
– Chute des budgets de la formation professionnelle et inquiétudes sur les formations permettant le retour à l’emploi des publics concernés ;
– Baisse de 64% des budgets de soutien à l’Economie sociale et solidaire,
– Sacrifice de la politique biodiversité,
– Crainte pour les emplois associatifs avec la baisse des crédits de soutien au mouvement associatif…
Le rapport adopté par le CESER multiplie les alertes ; les choix opérés par ce budget régional sont inquiétants et ne préparent pas l’avenir. C’est ce que la FSU a dénoncé lors de la séance du 7 avril dernier.
