26 mars 2016

Le SNES dans l’Académie

Déclaration FSU (SNES-SNEP-SNUIPP) au CTSD du Nord

Un CTSD 59 a eu lieu sur les postes Collèges et SEGPA pour la rentrée 2016. Nous avons pu faire évoluer certaines situations notamment pour des CSD où les règles n’avaient pas été respectées ou pour des CSD qui pouvaient être évités.
Nous avons dénoncé les effets néfastes de la réforme du collège sur les postes et les conditions de travail des collègues. Enfin, nous avons alerté les services de l’inspection sur l’inflation importante des BMP dans certaines disciplines, autre effet de cette réforme du collège !

Quelques chiffres :
- 47,7% des supports en allemand sont couplés à un CSD contre 35,4% en 2015. Le nombre de CSD en allemand a augmenté de 32,6 % par rapport à cette année. Quant à la quotité horaire de ces CSD en allemand, elle explose : 403,6 h contre 269,2 h en 2015 => +134,4 h soit une augmentation de 49,9% par rapport à l’année dernière.

- inflation des suppressions de postes pour les disciplines directement impactées par la réforme : Technologie (16 suppressions de postes contre 3 créations), Lettres Classiques (18 / 1), Lettres Modernes (29 / 16) et Allemand (12 / 0)

- BMP en forte hausse dans beaucoup de disciplines : Espagnol (337h ; +105%), Sciences Physiques (333h ; +94,4%), Maths (162h ; +50%), Lettres Modernes (152h ; +41%), SVT (175h ; +41%)…


DECLARATION FSU – CTSD 59 – 22 mars 2016

Nous commencerons cette déclaration en remerciant les services de l’inspection académique pour les documents fournis et pour leur écoute des situations que nous avons pu exposer lors du groupe de travail de la semaine dernière.

Ce CTSD se tient dans un contexte de forte contestation des réformes du pouvoir en place. Le projet de loi travail tout d’abord est un projet de régression sociale sans précédent qui loin de créer les emplois promis vise à précariser davantage l’ensemble des salariés et à dégrader encore plus l’entrée des jeunes sur le marché du travail. La réforme du collège, ensuite, qui est toujours aussi contestée par les enseignants, plus de 10 mois après sa publication. A chaque étape de sa mise en place, cette réforme n’en finit plus de mettre au grand jour ses effets néfastes pour les enseignants et les élèves. Ce n’est pas par les injonctions ou l’obstination de l’administration et de la ministre que cette réforme deviendra meilleure et efficace. Cela renforce, au contraire, un mal-être qui est en train de s’installer durablement dans les collèges. Les personnels enseignants, professionnels de l’enseignement, doivent être écoutés et respectés. C’est avec eux qu’une réforme doit se faire et non contre eux et au détriment de leurs conditions de travail. La FSU demande le retrait du projet loi travail et l’abrogation de la réforme du collège, elle appelle à la poursuite de toutes les mobilisations qui se construisent depuis de nombreux mois dans les collèges et dans la rue.

Concernant la préparation de rentrée dans les collèges et les SEGPA, malgré une baisse sensible des compléments de service, ceux-ci restent encore très élevés : 773 compléments de service pour 4975 heures. Impacté directement par la réforme, l’allemand voit ses compléments de service en forte augmentation : + 33 % en nombre et + 50 % pour la quotité horaire. Près d’un poste sur deux d’allemand sera lié à un complément de service à la prochaine rentrée.
Si d’autres disciplines comme la technologie, les lettres modernes ou les lettres classiques voient leurs compléments de service légèrement baisser, ce n’est pas le cas pour les suppressions de postes qui les concernent. En effet, alors que le bilan des suppressions / créations fait encore une fois, cette année, apparaître un solde positif de suppressions de postes : 20 postes avant le GT de jeudi, des disciplines payent, là encore, la réforme du collège : + 3,5 % de suppressions pour la technologie, +3,3 % de suppressions pour les lettres classiques , + 1,5 % de suppressions pour l’allemand et les lettres modernes. Voilà qui ne va pas arranger la mobilité des enseignants tant l’offre des postes vacants va se réduire dans ces disciplines. C’est un effet déjà vérifié au mouvement inter-académique où les barres d’entrée dans les académies sont en forte hausse : plus de 1900 points pour entrer dans l’académie de Bordeaux en technologie par exemple !
Autre effet de la réforme, la forte augmentation des BMP en Espagnol dont on ne sait comment ils seront pourvus car l’État ne dispose pas des personnels suffisants pour faire face à la généralisation de la LV2 en 5e. Tout ceci n’est qu’un début car ces effets sur les postes ne vont pas tarder à se répercuter sur toutes les disciplines avec de plus en plus de familles attirées vers les établissements privés qui maintiennent d’une manière ou d’une autre des dispositifs que la réforme supprime dans les établissements publics.
La réforme n’épargne pas non plus les SEGPA puisque pour la rentrée 2016, elles perdent l’équivalent de 115 heures poste. Même si cela ne se concrétise pas par plus de mesure de carte scolaire que celles déjà prévues par la fermeture entière de certaines SEGPA, c’est une dégradation des conditions de scolarisation des élèves connaissant des difficultés graves et persistantes et des conditions de travail des collègues.

Nous terminerons cette déclaration en évoquant les situations des collèges Auguste Perier et St Exupéry à Hautmont. La solution proposée par l’administration soulève un grand nombre de questions et beaucoup d’inquiétudes chez les personnels de ces deux établissements. Cette solution ne sera pas sans impact sur les conditions de travail des enseignants. C’est pourquoi, nous demandons que le CHSCTD 59 soit saisi afin d’accompagner et de suivre les personnels pour prévenir les risques psychosociaux engendrés par cette nouvelle organisation et la dégradation de leurs conditions de travail.