Communiqué de presse Paris, le 16 janvier 2002, 19 heures

Collège Itinéraires de découverte ? pas à n’importe quelles conditions !

Même si les journées banalisées n’ont pas encore eu lieu partout, nous pouvons en dresser un premier bilan.
La discussion a parfois porté sur le maigre bilan de la classe de 6e, essentiellement sur le cycle central autour des itinéraires de découverte, très rarement sur la classe de troisième. Or, il nous paraissait important que la profession puisse débattre de l’ensemble de la réforme, avec tous les éléments en main. Mais n’étaient parus ni le cahier des exigences, ni les nouvelles grilles horaires.

Les enseignants reconnaissent que les itinéraires de découverte sont mieux cadrés que les dispositifs précédents, mieux ancrés sur les programmes disciplinaires et que, pour la 1re fois, du temps de concertation pourrait être intégré dans les services.

Mais les itinéraires de découverte suscitent de nombreuses questions du point de vue de :
- leur pertinence au collège : quelles retombées sur le niveau des jeunes qui ont surtout besoin d’assurer et d’approfondir des connaissances de base ? Peuvent-ils vraiment remotiver les élèves déjà en difficulté ? Est-il bon de faire éclater le groupe classe ?
- leur faisabilité : problèmes d’organisation et d’emploi du temps, comment concilier choix des élèves et constitution des groupes ? Comment gérer un groupe de la taille d’une classe ? problèmes de locaux (CDI, salle multimédia, permanence)
- leurs effets sur la conception du collège : la limitation à deux domaines au lieu de quatre ne risque-t-elle pas de conduire à une pré-spécialisation des élèves, sur la base de préférences spontanées, au lieu de tester leurs goûts et talents, comme prévu à l’origine ?
- leur intégration réelle dans les services : la globalisation en 6e n’ayant rien changé à l’inflation des HSE à la rentrée 2001, les collègues demandent des garanties pour que la mise en place des ID n’aboutisse pas au même résultat.

Si la profession dans son ensemble reconnaît l’intérêt de l’interdisciplinarité, les itinéraires de découverte ne constituent pas la meilleure façon de «  démocratiser la réussite  », qui appelle d’autres priorités. De plus, le ministère envisage de les mettre en place en réduisant les horaires disciplinaires, ce qui est totalement inadmissible.

Il ressort des synthèses des journées banalisées que les itinéraires de découverte ne sont envisageables qu’à certaines conditions :
- Pas de mise au plancher des horaires disciplinaires
- Des moyens pour les élèves en difficulté, bien au-delà de la seule heure dite libre
- Des groupes limités à 16 élèves
- Intégration effective des itinéraires dans les services, en faisant acter pour tous les collègues impliqués le temps de concertation
- Obligation faite aux élèves de parcourir les 4 domaines sur les 2 années du cycle central.
- Respect de la liberté pédagogique des enseignants