Le budget 2026 organise l’asphyxie du service public d’Education, et impacte lourdement l’académie de Lille.
Cela suffit ! Dans le prolongement des actions locales, l’intersyndicale nationale (FSU, UNSA Education, CFDT Education Formation et Recherche publiques, CGT Educ’action et SUD Education) appelle à une semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril, dont une journée de grève le mardi 31 mars.
Cette semaine donne un cadre national et un débouche aux nombreuses actions locales organisées dans les établissements depuis février (-> carte interactive)
Il s’agit de mettre en lumière les urgences pour le service public d’Education :
– l’urgence pour des moyens pour toutes les catégories de personnels,
– l’urgence pour les salaires,
– l’urgence pour l’amélioration des conditions de travail.
Il s’agit de poursuivre les mobilisations pour dénoncer les suppressions d’emplois de la rentrée 2026 (l’intersyndicale nationale organisera une conférence de presse le lundi 30 mars) mais aussi, de poser, dès maintenant, nos exigences pour le budget 2027.
La caisse de grève académique est activée pour la grève du 31 (adhérent-es).
Des mobilisations nombreuses ces dernières semaines
Depuis des semaines, les actions se multiplient, souvent à l’initiative du SNES-FSU : grève académique du 6 mars à Lille ou actions locales (comme en région parisienne, dans les académies de Lille, de Guyane, de Bordeaux), rassemblements, action avec les parents d’élèves, opérations « collèges morts », action lors des CSA académiques ou départementaux (boycott du CSA Académique à l’initiative du Snes-FSU) et les CA, vote contre les projets de répartition.… Tout montre donc la détermination à dénoncer des choix qui vont, à rebours, de la nécessaire amélioration des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves : les collègues restent disponibles pour l’action et la grève et la victoire syndicale sur les groupes de niveau devenus facultatifs prouve que la lutte paie.
Climat scolaire, aussi une urgence !
Les violences entre élèves ou à l’encontre des personnels se multiplient dans les établissements. Le SNES rappelle que la présence de davantage d’adultes formés aux côtés des jeunes permettrait de repérer les signaux faibles de mal-être, de prévenir les violences pour une prise en charge au plus vite.
Les mesures sécuritaires – fouilles de sacs, caméra, portiques -ne permettront pas de lutter contre ces incidents.
Ces fouilles ne doivent pas incomber à la communauté éducative, dont la relation aux élèves doit se construire dans la confiance. Dans un contexte éminemment anxiogène, il faut rétablir des relations pacifiées au sein des EPLE et disposer d’équipes pluri-professionnelles étoffées et formées pour y parvenir.
Pour y parvenir, il faut recruter des Psyen et des personnels de vie scolaire CPE et AED. Par ailleurs la progression des discours masculinistes croissante (dernier rapport du Haut Conseil à l’Egalité) chez les élèves doit également faire réagir l’institution : il faut exiger une formation de l’ensemble des personnels à l’EVARS pour endiguer cette violence d’extrême droite qui menace non seulement les élèves, mais aussi les personnels.
Pour une carte élargie de l’Education prioritaire
Depuis 11 ans, tous les ministres successifs ont repoussé la révision de la carte de l’Éducation Prioritaire. Édouard Geffray, ministre actuel, ne fait pas exception à la règle invoquant le calendrier électoral (municipales et présidentielle) pour ne ouvrir ce dossier. Mais, en même temps, il déploie sans moyen spécifique, voire parfois avec des retraits d’heures, son plan pour 800 collèges dits « en progrès », synonyme de caporalisation des pratiques pédagogiques, avec des équipes à qui des IPR et des formateurs viennent expliquer comment travailler et quelles sont les prétendues bonnes pratiques. Inacceptable ! Le SNES-FSU organise la résistance en mettant en relation les collègues des 84 collèges du 59/62 pour partager les analyses et mettre en œuvre la mise en échec de ce dispositif.
La révision de la carte de l’Éducation prioritaire, sous la forme d’une carte élargie, notamment aux lycées, est une urgence. La dégradation sociale et économique de tout un ensemble de territoires s’accentue et aggrave les phénomènes de ségrégation sociale et scolaire dont profite l’enseignement privé. La logique de la contractualisation et du saupoudrage de moyens voulue par tout un ensemble de forces politiques en remplacement de la logique de l’éducation prioritaire, doit être combattue.

