31 janvier 2014

Mobilisation et Actualité

RENTREE 2014 DANS LES COLLEGES DU PAS-DE-CALAIS : vers toujours plus de dégradations et d’inégalités

La FSU dénonce les orientations retenues pour la rentrée 2014 pour les collèges du département et les moyens qui en découlent.

En effet , au niveau comptable, la baisse prévue des effectifs est insignifiante eu égard aux conditions d’enseignement existantes : moins 53 élèves en Education Prioritaire pour 35 collèges, moins 379 élèves pour les 89 collèges restants, soit 45000 élèves. Et pourtant cela ampute de 400 heures les dotations réelles des collèges du Pas-de -Calais. Les choix imposés renoncent de fait à considérer la baisse des effectifs par classe comme un élément décisif de la réussite des élèves, ce que prouvent pourtant de nombreuses recherches. Le seuil de 27,5 qui sert à calculer le nombre de classes financées est appliqué partout même en Education Prioritaire. Concrètement, cela signifie qu’il faut 27,5 élèves en plus pour ouvrir une classe là où il en fallait il y a deux ans entre 24 et 24,5 en Education Prioritaire. Et donc cela aura aussi pour conséquence des fermetures de classes et des suppressions de postes d’enseignants dans bon nombre de collèges. Quelques exemples à Lens par exemple où le collège Jean Jaurès et le collège Michelet perdent l’équivalent de 2,5 postes… Autre conséquence pour l’ensemble des collèges : l’ augmentation du nombre d’élèves par classe diminuera d’autant leurs chances de réussite et contribuera une nouvelle fois à creuser les inégalités scolaires dénoncées par l’enquête internationale Pisa il y a quelques semaines. Dernier gros point noir : dans nombre de collèges du Pas-de-Calais, les horaires disciplinaires réglementaires fixés par les textes nationaux ne seront pas respectés, faute de moyens. Cela n’est pas non plus acceptable.

En ce qui concerne la grande difficulté scolaire dont la prise en charge a été très dégradée depuis 6 ans avec le démantèlement des Rased, elle est, elle aussi, fortement attaquée par les choix faits au niveau académique. Les SEGPA doivent pouvoir poursuivre le travail engagé depuis l’école et prendre également en charge les élèves repérés en grande difficulté au collège, dans le respect des procédures définies par les textes. Or, sous couvert de créations d’ULIS (Unités Locales d’Inclusion Scolaires), on supprime des SEGPA : la SEGPA de Noyelles sous Lens disparait complétement, ainsi que celle de Bully- les- Mines. A Arras Péguy et à Langevin Boulogne, les élèves qui auraient dû être orientés en 6e Segpa feront les frais d’une expérimentation qui vise à les scolariser en 6e classique. Il s’agit, pour la FSU, d’un véritable abandon d’un public fragile, et d’un renoncement du Service Public à faire progresser ces élèves. Cela non plus n’est pas acceptable.

Enfin, probablement pour masquer ces choix très contestables et se retrancher derrière une communication aux antipodes de la réalité des établissements, l’Inspection Académique refuse pour la première fois de transmettre le détail des documents qui permettent de constater le nombre de classes financées dans chaque collège et la ventilation des heures de la dotation… Conception étrange du dialogue social !

La FSU et ses syndicats nationaux appellent partout à se mobiliser pour une autre rentrée. Ils apporteront partout leur soutien aux initiatives qui pourront être prises, au sein des établissements, avec les parents d’élèves, les élus locaux…..pour donner à tous les élèves les conditions de réussite auxquelles ils ont droit.

Arras, le 29 janvier 2014