4 février 2026

Les établissements

Rentrée 2026 dans les collèges du Nord : ça ne s’améliore toujours pas, c’est même pire !

Rentrée 2026 dans les collèges du Nord : ça ne s'améliore toujours pas, (…)

Toujours moins de moyens !

Après plusieurs reports du CSA ministériel, le CSAD 59 a finalement pu se tenir ce mardi 3 février. Sans surprise, après les retraits de moyens actés par le ministère pour le second degré, la préparation de rentrée s’annonce difficile dans la plupart des collèges du département. L’année prochaine, les personnels et les élèves vont continuer d’y trouver des conditions de travail et d’étude difficiles, voire plus difficiles que cette année. Alors que le ministre aurait pu utiliser la baisse démographique à venir pour réduire les effectifs dans toutes les classes et dans tous les collèges, il préfère l’utiliser pour justifier la suppression de 3256 emplois d’enseignants dans le service public d’éducation, dont 1365 dans le second degré public.

Pour les collèges nord, c’est 87 ETP qui sont supprimés. C’est le nombre de suppressions le plus élevé depuis 2017, depuis les années 2010 même, les années « Sarkozy » ! Au niveau des prévisions présentées lors du CSAD et qui servent de base pour déterminer les dgh des établissements, cela donne un retrait de 1551,8 heures postes dans les dgh des collèges, soit une baisse de 86 ETP pour les 200 collèges du Nord pour une prévision de -1218 élèves.

La FSU a rappelé plusieurs fois que l’argument démographique avait bon dos. En effet, entre 2017 et 2020, les collèges du Nord ont vu leurs effectifs augmenter d’environ 600 élèves sans voir l’ombre d’un seul poste supplémentaire ! Au contraire, ils ont même perdu 1200 HP.

Au total, depuis 2017, les différents gouvernements et ministres ont repris 5200 heures postes, soit 291 ETP aux collèges du Nord. La boussole du ministère est toujours la même depuis de nombreuses années et elle est simple : supprimer des emplois quand les effectifs diminuent, supprimer des emplois aussi... quand les effectifs augmentent !

Il y a donc, en moyenne, plus d’élèves par classe qu’en 2017 dans les collèges du Nord : 24,2 à la rentrée 2026 contre 23,7 en 2017. La France continue donc d’être le mauvais élève en Europe en étant le pays ayant les classes les plus chargées des pays européens (21 élèves en moyenne par classe en Europe, 25 en France). Ce sont les collèges de l’éducation prioritaire, ceux qui ont, aujourd’hui, les plus faibles IPS qui sont le plus touchés par les suppressions de postes depuis 2017. Quel que soit l’indicateur utilisé, il montre que les collèges les plus défavorisés ont perdu, en proportion, plus de moyens que les autres collèges, sans que se soient améliorées les conditions de travail et d’étude dans ces derniers.

Ainsi, si on regarde le H/E (nombre d’heures financées par élève), celui-ci est maintenu à 1,27 pour l’ensemble des 200 collèges du Nord depuis 8 ans mais il a été dégradé, année après année, dans le groupe accueillant les collèges les plus socialement défavorisés : 1,63 en 2017 / 1,53 depuis 2021

Ce n’est pas mieux du côté du taux d’encadrement moyen (nombre d’élèves par classe), il a été dégradé dans tous les groupes d’établissements depuis 2017, mais là aussi, ce sont une nouvelle fois les collèges les plus défavorisés qui ont été davantage concernés.

Au-delà des chiffres, ou des indicateurs qu’on nous dit « maintenus » alors que l’administration devrait se donner comme ambition de les améliorer, il y a des personnels, des professeurs qui ne vont pas voir leurs conditions de travail s’améliorer. Il y a des élèves, les futurs adultes de notre pays, qui ne vont pas voir leurs conditions d’étude s’améliorer. Plus que des mots ou des éléments de langage et de communication, les personnels attendent des actes, mais force est de constater qu’après 8 ministres en 8 ans, les actes pour améliorer les conditions de travail et les rémunérations ne sont toujours pas là.

Accompagnement à la réussite, plan "800 collèges"

Quant aux moyens "supplémentaires" destinés à l’accompagnement à la réussite, ou dit autrement, à la prise en charge de la grande difficulté, il faut parfois beaucoup chercher pour les trouver ou pour constater qu’ils n’existent plus ou pas... En effet, l’année dernière, ces moyens étaient déclenchés à partir de 6 élèves repérés en grande difficulté à partir des évaluations nationales en 6e et en 4e, en mathématiques et en français. Pour la rentrée 2026, ce sera à partir de 11 élèves (7 pour les collèges dans le "plan 800"). C’est donc moins de moyens pour aider les élèves (30 ETP / 540 heures en moins environ), et ce sont une nouvelle fois les collèges les plus défavorisés qui reçoivent, en proportion, moins (ou pas parfois) de moyens pour l’accompagnement à la réussite de la 6e à la 3e, qu’ils soient dans le plan « 800 collèges » ou pas. Il est d’ailleurs paradoxal que des établissements dans ce plan "800 collèges" perdent des moyens, alors même qu’il est prévu qu’ils gardent parfois la même structure que cette année à la rentrée 2026. C’est un bien mauvais signe pour ce dispositif voulu par le ministre Geffray qui martèle son ambition, depuis son arrivée rue de Grenelle, d’accompagner les collèges qui concentrent la très grande difficulté scolaire. Les collèges et collègues concernés apprécieront !

A noté, et c’est bien le seul aspect positif, que ces moyens pour accompagner les élèves peuvent être utilisés selon des modalités définies par les équipes. Il n’y a plus aucune injonction / obligation à devoir mettre en place des groupes de niveaux ou de besoins, cela reste une modalité d’aide parmi toutes les autres : dédoublements de tout ou partie de l’horaire, groupes à effectifs allégés, co-animation...

Nous avons dénoncé et protesté, en GT et en CSAD, contre le mode de calcul utilisé pour attribuer ou pas ces moyens "supplémentaires" aux établissements. Celui-ci, notamment pour les 6e et 5e, crée plusieurs effets de seuils qui minimisent, voire suppriment, des moyens d’accompagnement pour de nombreux collèges, surtout dans ceux du groupe A, c’est à dire les collèges qui ont les plus faibles IPS.

Documents et outils

Vous trouverez ci-dessous des documents d’aide à la compréhension de vos DGH et des outils tableur (en accès syndiqués) que nous avons réalisés pour vous aider à vérifier vos DGH ou calculer les moyens réellement financés pour l’accompagnement à la réussite. N’hésitez pas à nous joindre en cas de difficultés ou si vous avez des questions sur vos DGH, ces documents ou ces outils : elus_csad59@sympa.lille.snes.edu

Documents en accès libre
Outils tableur en accès syndiqués
Vérification de sa DGH
Financement éventuels pour l’accompagnement à la réussite en 6e et 5e
Financement éventuels pour l’accompagnement à la réussite en 4e et 3e

DÉCLARATION FSU - CSAD 59 du 3 février 2026

Depuis 8 ans, la nouvelle année commence, malgré les bons vœux du ministre, avec les annonces des suppressions de postes dans le service public d’éducation. Des suppressions d’emplois d’enseignants, « des femmes et des hommes qui, sans bruit, font reculer les ténèbres » d’après le ministre actuel Édouard Geffray. La nouveauté, cette année, c’est le cafouillage ministériel pour annoncer l’ampleur de ces suppressions d’emplois pour la prochaine rentrée scolaire. Il aura fallu attendre 3 reports de CSA ministériel et 3 jours après le CSA du 26 janvier pour connaître les bonnes données. Ce sera donc 1365 emplois de moins pour le second degré public et 1891 emplois dans le premier degré public pour préparer la prochaine rentrée scolaire. L’académie trône, comme chaque année, à la première place du podium des suppressions de postes avec 167 suppressions pour le second degré, 245 pour le 1er degré. Outre le fait que ce sont des suppressions de trop pour le service public d’éducation, les balbutiements du ministère ajoutent de la tension à la tension dans les opérations liées à la préparation de rentrée dans les académies et les établissements. La FSU remercie donc les services de la DSDEN pour les documents fournis la semaine dernière dans ce contexte très particulier, et dans des délais très restreints.

Les orientations ministérielles confirment les choix politiques délétères de ces 8 dernières années : continuer de supprimer des emplois dans un 2d degré, déjà asphyxié par le manque de moyens, et ne pas se saisir de la baisse démographique pour améliorer les conditions d’enseignement et d’étude dans tous les établissements. Sur le fond, nous le répétons, la FSU ne nie pas les chiffres de l’évolution démographique à court et moyen terme, mais il faut regarder d’où nous venons et vers où nous allons. Depuis 2017, le second degré public a accueilli plus de 8000 élèves supplémentaires mais s’est vu supprimer un peu plus de 8000 emplois de professeures, ces « sentinelles de la raison », toujours d’après l’actuel ministre de l’Éducation. Le nombre d’élèves par classe a augmenté, nous avons les classes les plus chargées d’Europe au niveau collège et il faudrait près de 10 000 emplois supplémentaires pour retrouver le taux d’encadrement de 2017. En remontant plus loin, le second degré public a été la grande victime, en termes d’emplois et de réformes, et des politiques publiques depuis 2006. Ses effectifs élèves ont augmenté de 4 % pendant que les emplois baissaient de 6 %. La baisse démographique a donc bon dos parce que la boussole du ministère est toujours la même depuis de nombreuses années et elle est simple : supprimer des emplois quand les effectifs diminuent, supprimer des emplois aussi quand les effectifs augmentent !

Le département du Nord, malgré ses grands difficultés sociales, n’échappe pas à cette règle puisque, entre la rentrée 2017 et 2020, ses collèges publics ont vu leurs effectifs augmenter de 600 élèves, ce qui n’a pas empêché le ministère de leur supprimer environ 1200 heures postes, soit 66 emplois. Nous le répétons, quand ça baisse, ça supprime… Et quand ça monte, ça supprime aussi et cela, malgré des études qui montrent régulièrement que la France a les classes en collèges les plus chargées en Europe, avec en moyenne plus de 25 élèves par classe contre 21 en Europe. Pour les collèges du Nord, ce taux d’encadrement ne s’améliore pas et sera de 24,2 élèves à la prochaine rentrée. Il était de 23,7 en 2017. C’est encore pire lorsqu’on regarde ce taux d’encadrement moyen dans les collèges les plus défavorisés. Celui-ci était à 20 élèves en 2017, il sera à 21,2 à la prochaine rentrée.

Pour en revenir aux dotations, la prévision d’une baisse d’environ 1200 élèves conduit à un retrait de 1551 heures postes, soit 86 ETP. Depuis 2017, les collèges du Nord ont perdu plus de 5200 heures postes, soit 291 ETP. Ces retraits de moyens se font au détriment des établissements de l’éducation prioritaire et de ceux accueillant les publics les plus défavorisés, c’est-à-dire les collèges ayant les IPS les plus faibles aujourd’hui. En effet, ces établissements avaient un H/E moyen de 1,63 en 2017 et il sera à 1,53 à la prochaine rentrée. Ce sont également ces établissements qui reçoivent, en proportion, moins de moyens pour l’accompagnement à la réussite de la 6e à la 3e, qu’ils soient dans le plan « 800 collèges » ou pas. Il est d’ailleurs paradoxal que des établissements dans ce plan perdent des moyens, alors même qu’il est prévu qu’ils gardent la même structure que cette année à la rentrée 2026. C’est un bien mauvais signe pour ce dispositif voulu par le ministre Geffray qui martèle son ambition, depuis son arrivée rue de Grenelle, d’accompagner les collèges qui concentrent la très grande difficulté scolaire.

Au-delà des chiffres, ou des indicateurs qu’on nous dit « maintenus » alors que l’administration devrait se donner comme ambition de les améliorer, il y a des personnels, des professeurs, ces « sentinelles de la raison » d’après le ministre, qui ne vont pas voir leurs conditions de travail s’améliorer. Il y a des élèves, les futurs adultes de notre pays, qui ne vont pas voir leurs conditions d’étude s’améliorer. C’est ce que l’on constate chaque année sur le terrain, dans les établissements. Devant nous, il n’y a pas qu’un enjeu démographique, il y a aussi un défi démocratique : la qualité du service public d’Éducation, au service d’une ambition, celle d’une École émancipatrice qui contrecarre les inégalités de toutes sortes et reste le socle de notre modèle social.

Les enquêtes institutionnelles ou syndicales convergent : démissions, reconversions, ruptures conventionnelles…tous les signaux sont au rouge et confirment une profonde crise de sens de nos métiers. La faiblesse des rémunérations pèse lourd mais aussi le sentiment de ne plus pouvoir faire face à ce qui motive l’engagement dans un métier du service public : servir l’intérêt général. Et pourtant, l’École tient, tourne au quotidien. Mais elle ne tient plus que par un fil : celui de la conscience professionnelle des personnels, « des figures fondatrices et des bâtisseurs de notre avenir commun », pour citer une dernière fois le ministre. Compter uniquement sur cet engagement pour que vive l’École publique serait d’un cynisme irresponsable.
La FSU n’attendra donc pas pour organiser, soutenir, relayer des mobilisations, pour exiger les moyens indispensables au bon fonctionnement du service public d’Éducation et des politiques qui confortent les ambitions émancipatrices de l’École publique laïque.