15 juin 2026

Le Snes-FSU dans l’Académie

FORMATION : la politique de l’offre CONTINUE

Le Snes, avec la FSU, est intervenu lors du Conseil Académique de la Formation Continue qui s’est tenu le 8 avril.

Le diaporama transmis aux organisations syndicales (FO et UNSA absentes).

Depuis les assises de la formation continue des enseignantes en 2019, sous couvert d’en faire une priorité, le Ministère a voulu reprendre en main la formation continue : dans ce domaine comme dans d’autres, c’est la politique de l’offre et non de la demande qui est mise en œuvre : la priorité n’est pas de répondre aux besoins formulés par les personnels, mais d’aligner, très verticalement, le PAF sur les priorités académiques, elles-mêmes alignées sur les priorités nationales transcrites dans les "8 axes stratégiques et 31 actions prioritaires" du schéma directeur de la formation continue des personnels 2025-2029.

La FSU rappelle que pour ce faire, les EAFC ont été imposées, en déstabilisant l’existant, et que le paritarisme a reculé dans les instances concernant notamment la formation continue. La promesse d’en faire profiter davantage les personnels s’est fracassée sur la primauté donnée au remplacement de courte durée, et l’injonction de se former « hors du temps devant élèves », c’est-à-dire en plus de son temps de service.
Cette injonction n’empêche pas de promouvoir dans l’axe 3 du PAF 2025-26 le "bien-être, la santé mentale, et le développement des compétences psycho-sociales". Ni de mettre en avant "l’Intelligence Artificielle dans les contextes professionnels de l’Éducation nationale" ... officiellement pour alléger la charge de travail des enseignants (cette seule affirmation dans le vocabulaire de l’EN est d’une incongruité phénoménale), en réalité pour justifier, n’en doutons pas, l’imposition de nouvelles tâches et la formation d’enseignant-es réduits à la vérification de tâches automatisées, protocolisées, managérialisées.

Quelques évolutions nous inquiètent :
- développement de convocation sur public désigné le mercredi après-midi. Les statistiques sur la "bonne" participation des collègues femmes aux formations ne peuvent pas servir d’alibi. D’ailleurs, à regarder de près, on voit bien que le mercredi après-midi est plus problématique pour les femmes.
- tendance aux formations locales, avec moins de journées de stage et sur des temps courts. Bien pratique quand les budgets sont limités. C’est aussi révélateur d’un état d’esprit : on veut "former" des exécutants, leur transmettre des protocoles. Ce n’est pas cela former.
L’exemple de PHARE doit être discuté : la mise en œuvre de protocoles ne peut se substituer au travail en équipe ou à la sensibilisation des équipes aux problématiques de la jeunesse : autant de nécessités qui demandent du temps ... qu’on nous refuse sur le temps de service ou qui n’est donné qu’en surcharge. Ces questions doivent aussi être discutées avec des spécialistes, et le cadre de l’établissement n’est alors plus forcément le bon. La projection de diaporama institutionnel ne peut pas tenir lieu de formation.
Dans ce domaine comme dans d’autres, pour la FSU, le travail en équipe pluriprofessionnelle complète est la solution. La faiblesse de la formation à l’EVARS est à interroger : les violences, le harcèlement ne tombent pas du ciel, ces phénomènes sont liés à des phénomènes sociétaux qu’on ne peut éluder juste avec des gestes de bonne prise en charge.
- certains choix sont discutables, disons-le caricaturaux. C’est la priorité à l’IA plutôt qu’à l’EVARS. Pourquoi un engagement aussi faible sur EVARS ? Les questions sont prégnantes. A l’inverse, la présentation de l’IA dans le diaporama est inquiétante, on retrouve tous les éléments de langage des pro-IA (notamment sur une adaptation inéluctable qui va "alléger" le travail).
- le point d’étape ne permet pas vraiment de mesurer quelle est l’évolution des formations disciplinaires, car certaines données ne sont pas présentées (part du transversal, nombre de candidatures volontaires discipline par discipline, durée des formations etc). Les dispositifs académiques "écrasent" en fait les statistiques et rendent opaques la lecture des évolutions du PAF, on ne peut pas en faire de lecture fine. L’affaiblissement du disciplinaire est pourtant une inquiétude des collègues et un élément qui contribue à la perte de sens de nos métiers qu’on veut éloigner de leur matrice disciplinaire.