10 février 2014

Les personnels

Lettre au recteur concernant le bac et les langues vivantes

Monsieur le Recteur,

Nous nous adressons à vous concernant la circulaire académique régissant les épreuves orales de langues vivantes au baccalauréat qui nous fait problème sur plusieurs points que nous souhaitons voir réétudiés.

Tout d’abord nous ne comprenons pas que cette circulaire interdise l’anonymat des copies de compréhension orale alors même que la circulaire nationale du 23 janvier le rend possible. Ceci est une avancée obtenue par notre syndicat qui souhaite que les épreuves orales de LV se rapprochent le plus possible d’épreuves nationales classiques. Si des équipes pédagogiques préfèrent ne pas connaître les noms des élèves qu’elles évaluent, nous ne comprenons pas pour quoi la circulaire académique insiste pour que cela ne soit pas le cas. De fait, cette interdiction accroît les inégalités de traitement entre les élèves sur le territoire national et cela va contre l’idée que nous nous faisons du baccalauréat.

Le deuxième point qui nous interpelle est le choix des modalités de constitution de la banque de données académique. Là où d’autres académies ont demandé aux enseignants de LV de remonter les sujets de l’année dernière ; là où certaines ne demandent qu’un sujet par LV et donnent des délais plus importants, le rectorat de Lille exige deux nouveaux sujets par langue et par établissement dans un délai très court. Nous ne comprenons pas non plus pourquoi l’envoi des sujets est de la responsabilité des enseignants, dont l’un doit se connecter sur le site académique avec ses propres identifiants. Il nous semble que cette remontée devrait être assurée par les chefs d’établissement eux-mêmes.

En outre, l’intérêt d’une banque de données, que nous aurions préférée nationale, est de garantir à tous des sujets visés par l’inspection, afin d’éviter tant que faire se peut les contestations émanant d’élèves ou de parents. Cette protection serait d’autant plus garantie si vous confiiez la responsabilité de la commande du sujet au chef d’établissement après que les professeurs auront choisi la notion et le thème. Ainsi, les professeurs découvriront le support en même temps que leurs élèves et ne pourront être l’objet d’accusations malveillantes concernant une éventuelle « surpréparation ».

Monsieur le Recteur, sachez que nous nous alarmons de la surcharge de travail des enseignants de LV depuis l’introduction dans le baccalauréat d’épreuves « en cours d’année ». Nous nous alarmons en outre de la pression mise sur ces mêmes enseignants pour assumer l’entière responsabilité de ces épreuves. Tout cela conduit à un stress et une angoisse permanents ainsi qu’à l’exposition des professeurs à diverses pressions locales et aux contestations des conditions d’examen par les candidats et les parents d’élèves.

En conclusion et pour aider les enseignants de langues vivantes à faire leur métier avec davantage de sérénité, nous vous demandons :

- de permettre l’anonymat des copies ; l’échange de candidats entre enseignants de l’établissement, la concertation pour la correction des copies ;

- de permettre la remontée des sujets de l’an dernier, un échange de sujets entre académies étant possible ;

- de ne pas laisser la responsabilité aux enseignants de remonter les sujets et de les télécharger, cette responsabilité relevant des chefs de centre après consultation des enseignants.

Pour faciliter les choses, nous souhaitons que les chefs d’établissement soient informés très vite de cet assouplissement de la circulaire tout à fait compatible avec la circulaire nationale.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Recteur, en l’expression de notre profond attachement au service public d’éducation.