31 mai 2012

Carrière et mutations

Hors classe des certifiés 2012 / Bilan 2012 / Déclaration






























En 2012, il faut 209 pts pour être promu(e) (à barème égal, le départage se fait à l’ancienneté de corps, puis de service, puis à la date de naissance au profit du plus âgé).

Qu’est ce que la hors-classe ?

La hors-classe a été créée en 1989 après un long mouvement dans l’EN. Il s’agissait de revaloriser les fins de carrière bloquées au 11e échelon (une carrière au grand choix se fait en 19 ans, à l’ancienneté en 29 ans). Seulement, cela n’a jamais été écrit comme tel. Si bien qu’actuellement, après un recours au conseil d’Etat, le ministère demande que les promotions soient attribuées au « mérite ».
Le SNES en 1989 a défendu un 12e échelon, puis une reconstruction de la grille indiciaire pour que l’échelon terminal de la hors-classe corresponde au 11e échelon, cela aurait évité la situation actuelle qui exclut une partie des collègues au nom du « mérite ».

Qui est concerné ?

Jusqu’à il y a quelques années, il fallait candidater. Depuis peu, tous les collègues qui remplissent les conditions (7e échelon) sont inscrits d’office dans la liste des promouvables. Pour les certifiés de Lille, cela fait 7803 candidatures à examiner, toutes disciplines confondues.

Quel intérêt pour les certifiés ?

Il est financier : 470 euros par mois en fin de carrière !
Un salaire au 11e échelon = indice 658 = 2460 euros (MGEN déduite, sans ISOE).
Un salaire au 7e échelon de la hors-classe = indice 783 = 2928 euros.

Mais attention : on ne touche pas tout de suite cette différence de salaire, car il y a un reclassement à l’indice immédiatement supérieur, et le dernier échelon de la hors classe ne peut être atteint qu’après 3 ans passés au 6e échelon de la hors-classe.

Les collègues au 11e échelon avec moins de trois ans d’ancienneté dans cet échelon seront reclassés au 5e échelon de la hors classe (indice 695, environ + 130 €/mois) et gardent l’ancienneté d’échelon acquise, les collègues qui ont plus de 3 ans seront reclassés au 6e échelon de la hors classe (indice 743, + 312 €/mois) sans report d’ancienneté. Les collègues au 10e échelon seront reclassés au 4e échelon (indice 642, + 110 €/mois) et gardent l’ancienneté acquise dans cet échelon, si elle est supérieure à 3 ans, ils sont reclassés au 5e échelon sans report d’ancienneté.

Pour en bénéficier pour la retraite, le collègue doit rester 6 mois dans le grade et l’échelon.

Comment sont choisis les promus ?

Ils sont départagés par un barème sur 300 pts maximum composé de 3 éléments :
- les avis du chef d’établissement et de l’IPR sur 100 pts (AB = 25, B = 30, TB = 35, Exceptionnel = 50)
- la note pédagogique + la note administrative sur 100 pts
- l’échelon (au max 80 pts) : plus l’échelon se rapproche du 11e, plus le nombre de pts est important. Le 11e rapporte 40 pts, après 6 ans d’ancienneté dans le 11e on passe à 80 pts. ATTENTION : il faut avoir eu le 10e ou le 11e au moins au choix. Si les 2 échelons à l’ancienneté, le rectorat a mis en place un forfait de 35 pts qui, de fait, ne permet pas d’avoir la hors-classe.

Jusqu’à 20 pts sont accordés aux collègues en ZEP (sous condition d’ancienneté et d’avis du principal)


Déclaration CAPA hors-classe certifiés Jeudi 31 mai 2012 / SNES-FSU

Depuis peu, l’atmosphère a changé en salle des professeurs et dans les établissements scolaires : les personnels n’ont plus un chef d’État qui les jette pas avec mépris à la vindicte populaire d’une manière nauséabonde comme cela a été le cas ces 5 dernières années. L’académie de Lille a eu particulièrement à souffrir de cette attitude et de la politique ultralibérale menée avec violence à l’égard des personnels, des élèves et de leurs familles.

Si la forme change depuis le 6 mai, il reste le fond et il faudra du temps et surtout une réelle volonté politique pour réparer les dégâts occasionnés à la Fonction publique en général et au second degré en particulier.

Le SNES-FSU invite dès à présent les personnels des collèges et lycées à rédiger des cahiers de doléances, à les poursuivre à la rentrée afin de tenir les États Généraux du 2nd degré en octobre et peser sur les choix budgétaires 2013 et la loi d’orientation qui devrait rapidement être mise en débat. Nous avons dressé une liste d’urgences à régler dès maintenant : améliorer la situation des stagiaires, bien sûr, mais aussi restituer les centaines de suppressions de postes non fondées que nous subissons au nom de la RGGP, auxquelles il faudrait ajouter le retrait des réformes que ce soit celle du socle commun, celle concernant les lycées et la voie technologique. Il ne s’agit pas pour nous d’un refus de tout changement, mais bien de lancer un débat où nous voulons avoir la garantie d’être écoutés et entendus.

Pour revenir à l’ordre du jour, la CAPA hors-classe est particulièrement lourde à préparer, avec plus de 7 800 dossiers à étudier. Nous avons repéré de nombreux problèmes, dont certains auront une incidence sur le classement des promouvables. Par exemple près de 200 certifiés ont une baisse de l’avis donné par le chef d’établissement sans que ce soit motivé ou alors motivé d’une façon indigne (congé formation, congé maternité) quand ce n’est pas incompréhensible (car comment comprendre un « mérite sa promotion » suivi d’une baisse d’avis correspondant à 10 ou 15 pts en moins ?). La plupart des enseignants concernés ignorent cette baisse tant il est difficile d’accéder à ses informations personnelles (publication tardive et parcours du combattant sur i prof). Nous rappelons notre demande que les avis soient formulés en même temps que la note administrative et soumis à signature des intéressés.

Votre proposition de promouvoir hors barème des femmes a le mérite de lever un problème profond : les femmes ont une carrière plus lente que celle des hommes et ce n’est pas un correctif ponctuel et au final assez peu flatteur pour les femmes qui mettra fin aux discriminations qu’elles subissent. Le SNES-FSU rappelle son opposition à la hors-classe et demande la vraie égalité, à savoir une carrière qui soit la même pour tous, au rythme le plus favorable, loin de toutes pressions locales, sociétales ou arbitraires, le mérite pouvant être reconnu par d’autres biais que l’augmentation salariale.

Qu’est ce que le mérite ? Faisons un test : Mme X, 11e échelon depuis plus de 6 ans, née en 1952 a comme appréciation de l’IPR « professeur qui dispense un enseignement de grande qualité, rayonnement particulier dans l’établissement, exceptionnel ». Mérite t-elle la hors-classe ? Assurément … Mais elle ne l’aura pas, la faute à un congé maladie qui lui vaut un « Bien » du CDE motivé ainsi dans sa fiche.
Mme Y, 7e échelon, 25 ans de moins, une note pédagogique moyenne (45) a comme appréciation de l’IPR « Assez bien » qui lui vaut un avis …. exceptionnel. Elle sera promue si le projet est maintenu. Et ce ne sont pas des cas isolés.

Comme les années précédentes, nous dénonçons le mauvais sort qui est fait aux collègues en fin de carrière : il reste 264 11es échelons dont 50 ont plus de 3 ans d’ancienneté au 11e non promus qui auraient pu largement l’être avec les 550 promotions attribuées à l’académie. En leur donnant à tous la hors-classe, il reste encore une centaine de promotions disponibles pour des échelons inférieurs. C’est le sens d’une contre-proposition que nous soumettons au vote.

En réalisant des statistiques rapides, nous avons constaté plusieurs phénomènes :
- une surreprésentation des personnels affectés en lycée de façon générale ou au 11e échelon.
- une sous-représentation des promus issus des listes d’aptitude / intégrés par rapport aux lauréats des concours.
- les avis des chefs d’établissement sont plus favorables que ceux des IPR puisque ces derniers attribuent TB et exceptionnel à 43,6 % des certifiés, contre 78,2 % pour les chefs d’établissement. Cela ne change rien quant à notre opposition à l’ancien projet de décret d’évaluation sur entretien local par le chef d’établissement, nous avons déjà rappelé que nous revendiquions un avancement déconnecté des notes, mais cela nous encourage dans nos demandes d’inspecteurs plus nombreux, permettant des inspections plus fréquentes, qui ne soient plus perçues comme une sanction mais bien comme des visites conseils dispensées par nos pairs.

Nous terminerons par le palmarès des disciplines : en examinant l’ensemble des promus et l’ensemble des promouvables, puis l’ensemble des promus au 11e par rapport aux promouvables à cet échelon pour tenir compte de situations comme celle de l’espagnol, « discipline jeune », nous nous sommes rendus compte qu’un certifié est promu plus tardivement en Lettres Modernes et en Physique Chimie (en effet, ces 2 disciplines ont moins de promus au total que ce à quoi elles pourraient prétendre au regard de leurs effectifs, alors qu’au 11e, elles ont un peu plus de promotions qu’elles ne devraient avoir). On observe l’inverse en STI et éco gestion : en éco gestion, 38 promotions attendues pour l’ensemble de la discipline tous échelons confondus, 52 attribuées, 17 attendues au 11e, 5 attribuées.
De manière générale (sur l’ensemble des échelons ou au 11e échelon), on est moins promu en SVT, anglais et espagnol. Par contre, on est plus promu en HG, maths et technologie.