29 novembre 2020

Actualité

Sédentarisation des élèves : abandon du dispositif après une belle mobilisation !

Saint-Pol-sur-Ternoise (62)

À l’épreuve des faits :

Imposée sans concertation à partir du lundi 9 novembre, la sédentarisation des élèves n’a pas tardé à produire des effets désastreux pour les élèves comme pour les collègues. Outre le fait que cette organisation n’empêche aucunement les regroupements à l’arrivée ou à la sortie du collège, et lors des récréations, elle s’est traduite par une nette augmentation des dégradations dans les salles lors des intercours pendant lesquels les élèves se trouvaient seuls, et des comportements ne respectant pas les règles sanitaires : déplacements, jeux dangereux avec le gel hydro-alcoolique, non-respect des distances. Quant aux personnels : des déplacements continuels engendrant fatigue, épuisement, isolement, et perte de sens du métier.

Des effets anti-pédagogiques :

Il faut dire qu’avec deux bâtiments distincts, éloignés l’un l’autre d’une centaine de mètres, 25 classes pour 21 salles d’enseignement disponibles (hors salles spécialisées), l’équation à résoudre semblait délicate. La solution imposée a donc tout naturellement fait fi du protocole sanitaire qui empêche la sédentarisation dans les salles spécialisées, et surtout, un protocole qui ne dit jamais que la sédentarisation doit empêcher l’accès des élèves aux salles spécialisées pour les sciences, la technologie, les arts plastiques, l’éducation musicale, l’EPS. Depuis 3 semaines, les salles spécialisées n’étaient plus utilisées pour ces enseignements, dont une partie du programme au moins nécessite des salles adaptées.

Une sédentarisation en trompe-l’oeil :

Une sédentarisation qui n’existait pas en réalité, à l’exemple d’une classe de 6e, prétendument sédentarisée. Les lundi et mardi, de 13h à 14h, cette salle accueillait les 6e germanistes ; de même le jeudi de 11h à 12h. Les mardi et jeudi de 8h à 10h, pendant que cette classe avait EPS, la salle était occupée par d’autres classes. Enfin le vendredi de 15h à 16h, cette classe quittait sa salle pour aller en technologie (mais pas dans la salle spécialisée de techno) pendant que la salle était occupée par une autre classe de 6e qui faisait SVT. Cet exemple peut s’appliquer aux autres classes et montre que l’affectation d’une classe dans une salle ne signifiait pas que seule cette classe disposait de cette salle.

La réaction des collègues :

Ces nombreux problèmes et incohérences ont amené les élus SNES-FSU à demander que le CA du 26 novembre émette un avis sur le vœu d’en finir avec cette sédentarisation des élèves. Ce vote, malgré la lecture de l’article R421-23 du code de l’éducation, leur a purement et simplement été refusé en séance.
Dès le lendemain 8h, l’ensemble des collègues présents en salle des professeurs a décidé de débrayer pour réfléchir aux suites à donner face au manque de considération qu’ils éprouvaient, en invitant la direction à venir les rejoindre à 9h, pour lui faire part des décisions prises.
Discussion qui a tourné court, puisqu’entre-temps, la Principale avait contacté les services du Directeur Académique pour signaler la mobilisation en cours. Que lui a-t-on dit alors ? L’histoire ne le dit pas mais c’est une Principale passablement énervée et défaite qui a dû annoncer à 9h qu’elle mettait fin au dispositif dès le lundi 30 novembre. Une belle victoire pour tous les collègues qui montre que l’action collective, au service du bon sens et de la raison, paye.