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CAA du 13 janvier / Texte action

Nous venons de passer quelques journées difficiles comme citoyens et comme fonctionnaires de l’EN. Les médias ont d’ailleurs fait état de difficultés à transmettre à nos élèves un message que l’on pouvait penser aller de soi.

Ces journées montrent à quel point l’Éducation nationale doit être en capacité d’assumer les responsabilités qui sont les siennes en matière d’éducation à la citoyenneté, afin de faire partager et respecter les valeurs de tolérance, de respect de l’autre, de liberté, d’égalité des citoyens et de laïcité qui sont les fondements de l’école de la République. C’est d’autant plus nécessaire que le danger est grand de voir un climat raciste se développer sur fond d’amalgames et d’instrumentalisations diverses de l’émotion et de la colère suscitées par ce drame, de voir aussi des libertés fondamentales mises en cause.

Nous sommes, avec d’autres fonctionnaires, en première ligne.

Il faut donc nous donner les moyens de pouvoir exercer les missions qui nous sont assignées, faute de quoi, d’autres s’en empareront pour les détourner à leurs fins, et non un quelconque « Patriot Act ».

La CAA du SNES-FSU rappelle aussi que le combat pour les valeurs de la République ne pourra être gagné que si celle-ci s’assume pleinement et indissociablement sociale ET laïque.

Le virage à droite du gouvernement s’accentue, le président assumant ses mauvais résultats économiques et les mesures anti-sociales mises en place qui ne pourront que les aggraver dans les mois qui viennent.
Les élections départementales puis régionales vont certainement révéler le fossé grandissant qui se creuse entre les électeurs et les dirigeants actuels, la politique qu’ils mènent, sans doute au profit de l’extrême-droite et de l’abstention.

La CAA alerte sur la réforme des missions de l’État qui est en cours. On peut douter du sérieux des conclusions qui seront tirées de la consultation sur les missions de l’État (place et rôle) au vu des conditions inacceptables dans lesquelles elle est menée.

Côté européen, les nouvelles élections législatives en Grèce soulèvent des réactions partisanes et hostiles de la part des dirigeants de l’UE, du FMI et des agences de notation à la perspective d’une victoire de la gauche qualifiée de « radicale » et incarnée par le parti Syriza. Cette ingérence et les pressions exercées sur les électeurs sont inadmissibles, alors que les progrès de l’extrême-droite partout en Europe ne suscitent pas autant d’engagement.
La victoire de Syriza pourrait ouvrir la voie d’une lutte générale contre le choix imposé comme incontournable de l’austérité, de même que celle de Podemos en Espagne.

Côté Éducation, nos collègues qui ont fait grève pour défendre leurs conditions de travail, celles de leurs élèves et le maintien en ZEP (et ils subiront autant de retraits d’1/30 que de journées de grève) ont eu comme réponse que leur sortie de ZEP, et donc la dégradation prévisible des conditions d’enseignement et la suppression de la prime, était justifiée par les bons résultats obtenus par les équipes. A l’issue de ce mouvement, les réseaux sociaux ont été agités par la découverte de la revalorisation scandaleuse de la prime des recteurs (+ 10 000 euros, + 68,5 %) alors que les autres fonctionnaires, eux, sont appelés à faire preuve de décence en temps de crise, et subissent le gel du point d’indice depuis 2010 et au moins jusqu’en 2017.
Selon la ministre, il s’agirait de la « réparation d’une anomalie ». Elle utilise pour cela une prime mise en place en 2010, prime liée à la RGPP, à toujours plus d’autonomie, à une rémunération liée au « mérite », au management. Cela ne peut que confirmer les choix idéologiques que nous dénonçons depuis 2 ans et qui ne font que poursuivre la politique menée par le précédent gouvernement.

Cette augmentation est cependant un encouragement pour nos luttes à venir contre l’anomalie qui nous touche également, à savoir une dévalorisation de nos salaires commencée depuis plus de 20 ans, et, depuis 2010, une baisse de fait des salaires des fonctionnaires. Seulement, ce n’est pas une prime de performance que nous réclamons, mais le rattrapage salarial (et des pensions) qui nous est dû depuis que nos salaires ont été désindexés de l’inflation et pendant que nos qualifications et notre niveau de recrutement ont augmenté.
Nous demandons également le réexamen de la sortie des établissements du dispositif REP  : selon les critères appliqués dans d’autres académies, la moitié des établissements de la région pourraient y entrer !

A la rentrée de septembre 2015 dans l’académie, 203 postes d’enseignants seront créés, dont 102 pour le 2nd degré, mais 8 postes d’administratifs sont supprimés, ce qui fait de Lille l’académie la plus touchée, et seulement 5 postes d’assistantes sociales est créé alors que 91 établissements du Nord et 60 du Pas-de-Calais restent sans assistante sociale, soit plusieurs milliers d’élèves dans une région socialement défavorisée, comme les dernières enquêtes de l’INSEE l’ont montré dernièrement.

Nous allons connaître la répartition des « grandes masses » lors du CTA du 22 janvier, sans pouvoir discuter du volume total d’une dotation qui n’est pas suffisante pour combler la hausse démographique dans le 2nd degré (+ de 1000 élèves en lycée) et les mesures liées à la mise en place des REP + (pondération 1 h = 1,1 h).
Nous n’avons pas d’informations encore sur la traduction concrète de la mise en place des nouveaux statuts. Nous travaillons au niveau académique pour obtenir le cadrage le plus national possible, que ce soit pour les indemnités comme les règles d’attribution d’un complément de service (qui doivent reposer sur des critères claires, transparents et connus de tous, sur la base de la circulaire mesure de carte scolaire).

La CAA élargie se félicite qu’une action de grève du mardi 3 février 2015 ait enfin été impulsée par la FSU sur une plate-forme alliant à la fois les conditions de travail, les salaires et l’emploi, et appelle à sa réussite. Pour cela, il faut du matériel national pour mobiliser dans les établissements.
Comment redonner priorité à l’Éducation ?

– en nous formant vraiment et pas en nous obligeant à valider un DU (diplôme universitaire réclamé aux stagiaires mi-temps) sans queue ni tête,

– en recrutant davantage et en créant les postes nécessaires par transformation des heures supplémentaires ( le SNES doit relancer sa campagne de refus des heures supplémentaires).

– en restaurant notre image.

Ce qui sous-entend de rendre attractifs les métiers en augmentant les salaires, mais aussi en diminuant le nombre d’élèves par classe, en augmentant les horaires de cours (et pas celui des heures au contenu indéterminé pour ne pas dire inexistant ou indigent), en prenant en compte nos demandes concernant les programmes (cf le retour de thèmes comme « la Méditerranée au XIIe siècle, carrefour de civilisations » qui a disparu du programme d’Histoire-Géo en 2nde sans que nous comprenions pourquoi), afin que nous puissions réellement prendre le temps avec les jeunes qui nous sont confiés.

Cela a sans doute un coût, mais ce coût est d’abord un investissement que les événements récents nous font ressentir comme indispensables.

La CAA demande par ailleurs que cette action s’inscrive dans un plan d’actions sur l’ensemble de l’année scolaire, en n’oubliant pas la question des retraites sur la base de nos mandats (retraite à 60 ans et 37,5 années de cotisation), faute de quoi cette grève apparaîtra comme une action prétexte, et que le SNES-FSU se mandate clairement sur le calendrier scolaire et refuse la rentrée prévue en août, en indiquant au ministère qu’il s’agit d’un casus belli.

Vote unanimité : Pour 36


Réforme territoriale.

La « revue des missions de l’État territorial » a donné lieu à la tenue d’une pseudo consultation d’une durée particulièrement courte - un mois et demi - dans le Nord (par exemple, une unique rencontre, tardive, le 19 décembre, juste avant le bouclage du rapport par le DASEN, avec un nombre restreint de territoires consultés)

Ce procédé est d’autant plus grave que la revue des missions prétend s’interroger sur « la place et le rôle de l’État », et identifier les missions qui pourraient être transférées à d’autres acteurs.

C’est en soi un sujet d’inquiétude d’autant que jamais n’a été établi le moindre bilan de la déréglementation et de 30 ans de décentralisation.
Le cadrage des thématiques nourrit lui aussi l’inquiétude puisque l’État n’apparaît plus que réduit aux « missions d’expertise et de connaissance des territoires » pour le thème 3*. On ne mène aucune réflexion sur les champs d’action alors que le transfert de missions est évoqué en introduction .

La FSU et le SNES ne peuvent se satisfaire des conclusions qui seraient tirées de consultations sur des territoires limités : un département (Nord) et une région (Limousin) pour l’ EN .

Nous devons travailler au niveau national pour réaffirmer notre vision de l’éducation car nous ne pouvons nous satisfaire de la prise en compte du point de vue d’un seul S2 ou S3.

On peut aussi s’interroger sur :

- ce que recouvre l’État présenté comme garant de la cohésion économique et sociale en termes de politiques éducatives (dans la thématique 14 politique économique et emploi, il ressort pour le développement économique et formation professionnelle que le rôle de l’État est une simple « offre de service pour l’accompagnement des filières »)

- ce que vont recouvrir les thèmes 15 politiques de l’enfance (seule la région Pays de la Loire est concernée par la consultation ...) et le thème 17 politique de la jeunesse (seulement en départements du Cher et de Guyane)

*Thème 3 : « le partage des données et des analyses dans le domaine de l’ EN »

Vote Pour 22