18 novembre 2018

Le SNES dans l’Académie

CDEN 62 : le SNES et la FSU ont porté la parole des collègues sur les suppressions de postes et #pasdevagues

Alors que le gouvernement intensifie ses attaques brutales contre la Fonction Publique : suppressions de postes, recours massif aux contractuels, casse des statuts, rémunération au mérite, plans de départs volontaires – qui n’ont rien à envier aux pires PSE des entreprises privées – nous ne pouvons que déplorer et rejeter ces mesures idéologiques qui font fi des principes de service public et de l’intérêt général. Le Ministre de l’Education, lui, s’inscrit parfaitement dans ce programme, lui qui affirmait il y a un an qu’il n’y aurait pas de loi Blanquer – et qui prévoit de dénaturer profondément le service public d’Education au nom d’un dogme libéral des plus durs et d’orientations pédagogiques les plus conservatrices. C’est bien dans ce sens que vont en effet la suppression du cnesco et son remplacement par une instance directement liée au Ministère, la suppression des ESPE et leur remplacement par les INSP, la conception d’une évaluation -management ou la fusion accélérée des académies...Et pourtant , les constats deux mois après la rentrée ainsi que l’écho important dans la profession de l’agression de Créteil méritent d’autres propositions pour permettre la réussite de tous les jeunes et pour assurer de meilleures conditions de travail pour tous les personnels . Ce n’est pas en attaquant systématiquement le Service public d’Education , ce n’est pas en le dénaturant et en le privant de moyens, ce n’est pas en méprisant ses personnels, en les précarisant ou en leur donnant des injonctions contradictoires que l’on permettra aux jeunes de réussir leur scolarité , leurs études et d’avoir de meilleures chances d’insertion professionnelle. C’est un projet d’école de la défiance dont ce gouvernement est porteur. Un projet contre lequel les personnels se sont fortement mobilisés cette semaine.
Dans le 1er degré, les créations de postes à cette rentrée n’ont pas permis de couvrir les besoins inhérents aux dédoublements des classes en éducation prioritaire. Cela a contraint le recrutement de contractuels dans des proportions inédites dans notre département depuis des années.
La poursuite du dédoublement des CP et CE1 en Education Prioritaire, même si la réduction des effectifs par classe va dans le sens d’une meilleure prise en compte de la difficulté scolaire, a eu des effets certains sur le fonctionnement des écoles. Le problème de locaux et de matériel insuffisants dans de nombreux cas, l’augmentation des effectifs dans les autres niveaux des écoles, les disparités apparues dans la charge de travail et l’objectif affirmé de 100 % de lecteurs en fin de CP ont créé un sentiment de malaise dans l’organisation du quotidien des enseignants. Dans de trop nombreux cas, la barre semble bien haute alors que les moyens n’ont pas été dégagés à la hauteur des besoins.
La FSU conteste par ailleurs les affirmations du Ministre qui se prévaut d’avoir mis en œuvre « les meilleures évaluations du monde » pour les CP et les CE1. Au contraire, cruellement déconnectées de la réalité de beaucoup d’écoles, ces évaluations ont eu pour conséquence de créer un sentiment d’incompréhension pour les personnels obligés, sur un mode injonctif, de se prêter à un exercice normé bien éloigné de leur conception du métier d’enseignant. Contrairement à ce que semble croire le Ministre, les enseignants sont les concepteurs de leurs enseignements et non de simples exécutants au service d’une idéologie qui ne fait pas l’unanimité parmi les professionnels de l’éducation. Cerise sur le gâteau, cette passation organisée à des fins connues des seuls initiés, a créé de la souffrance et pas seulement chez les enseignants souvent tenus d’expliquer aux enfants et aux familles des réalités auxquelles ils n’adhèrent pas. La précipitation avec laquelle les premiers résultats ont été dévoilés, à grand renfort de médiatisation laisse entrevoir quels sont les objectifs réels de ces évaluations.
En collège, le bilan des effectifs, quant à lui, se traduit par une hausse dans de nombreux collèges du département. La minorisation des effectifs dont nous avions fait état en janvier dernier lors de la préparation de rentrée s’est confirmée et les ajustements de l’été ou même courant septembre n’ont pas forcément amélioré significativement les situations . De fait, c’est l’équivalent de 19 divisions qui a été supprimé avec 275 élèves en plus. Une véritable lutte contre les inégalités sociales à l’Ecole impliquerait une réduction sensible de la taille des classes, notamment dans notre académie, pour permettre aux équipes d’agir dans la classe sur la difficulté scolaire. Elle impliquerait également une politique volontariste en faveur de la mixité des classes et des établissements.
Les SEGPA sont à nouveau mises à mal cette année encore avec une diminution organisée des effectifs essentiellement en 6e et la volonté d’empêcher la pré-orientation en SEGPA Pourquoi des dossiers de demande de pré-orientation n’arrivent-ils pas jusqu’à la CDOEA ?, pourquoi l’administration n’est-elle pas en capacité de nous indiquer le nombre de demandes de pré-orientation, le nombre de dossiers refusés et les motifs de refus ? Nous dénonçons toujours ce mode opératoire peu démocratique et très opaque qui aboutit à une chute de 23 % du nombre d’élèves pré-orientés en 6e SEGPA et qui dégrade le service public d’éducation, notamment pour venir en aide aux élèves qui en ont le plus besoin.
Au niveau de l’offre de langues vivantes, nous ne pouvons nous satisfaire du bilan proposé : concernant les bilangues , la comparaison entre 2015 et 2018 n’ a qu’une portée très limitée puisqu’il ne s’agit pas de la même offre d’enseignement, les horaires ayant été très réduits et étant souvent très variables au nom de l’autonomie des établissements. Le satisfecit donné à l’enseignement privé est par ailleurs choquant puisque la « réactivité » vantée est le plus souvent liée à une non application de la réforme en 2016.
Enfin, en ce qui concerne l’offre de lv, les documents fournis ne permettent pas de comparaison avec ceux des années antérieures puisque la catégorie lv2 regroupe tantôt les bilangues, tantôt non et qu’il n’est pas possible de savoir s’il y a amélioration de l’offre de lv2 ..ou pas. Et nous n’insisterons pas sur l’absence des données pour les dispositifs type « euro » pour lesquels nous attendons d’ailleurs toujours les données de l’an dernier…
Nous conclurons sur le sentiment d’abandon de nombreux collègues-mis en lumière par le mouvement « pas de vagues »- sur le déni de l’institution et les méfaits d’un mode de management fondé sur des indicateurs de performance. Management par les chiffres qui encourage au collège les pressions sur les modalités d’évaluation des élèves depuis la réforme de 2016, et qui a conduit certains chefs d’établissement à modifier, en contradiction avec les textes, les bilans de fin de cycle 4 (50 % des points du DNB) pour permettre à des élèves de décrocher l’examen. Management qui prétend faire mieux avec moins, moins de postes, moins de qualification et moins de sens.