26 mars 2005

Le SNES dans l’Académie

DECLARATION DU SNES FSU CTPD COLLEGES NORD DU 24 MARS 2005.

Monsieur l’Inspecteur, notre déclaration va ressembler étrangement à celle de l’an dernier à la même date. La logique de désengagement de l’Etat et de restrictions budgétaires, conduit à une série de retraits d’emplois de plus en plus importante, au motif avoué de la baisse des effectifs prévue pour l’an prochain. Les retards économiques et sociaux dont notre région souffre depuis des années, la casse économique qui conduit à l’assistanat social des milliers de familles ne modèrent pas cette volonté de réduction des crédits. Les élèves de notre département ont besoin d’un service public d’éducation qui soit à la hauteur de leurs aspirations, plus importantes que dans d’autres régions plus favorisées. Hélas, les craintes que nous évoquions il y a quelques mois, se sont avérées fondées : la politique de réduction drastique du budget de l’éducation conduit cette année à 294 retraits d’emplois en collège (50% de plus que l’an dernier) dont 184 (soit 60% de plus) mesures de carte scolaire. Le nombre des postes vacants à fermer se réduit comme peau de chagrin. Ce ne sont pas les 29 créations de poste (dont plusieurs en service partagé), auxquelles il faut ajouter les 14 obtenues après le groupe de travail, qui vont nous rendre un quelconque optimisme.
Les effectifs par classe ou par groupe seront, une nouvelle fois, bien trop élevés pour améliorer les conditions d’accueil et d’enseignement. La reconquête des élèves partis dans le privé ou en Belgique semble définitivement compromise et la politique de refus des dérogations n’y changera pas grand chose ! On ne peut même plus se féliciter sur les taux moyens d’encadrement des établissements ZEP/REP et Violence, alors que ces établissements se voient retirer davantage de moyens que les établissements dits « ordinaires ». La démographie renaît dans le premier degré, mais vous ne créez pas de postes : lorsque dans 5 ans les effectifs des collèges prendront à nouveau le chemin de la croissance, vous ou votre successeur nous expliquerez une nouvelle fois qu’il faut supporter la baisse des moyens car les effectifs pourraient baisser à l’horizon 2020

Les chefs d’établissement eux même ne s’y retrouvent plus. Les années précédentes, ils étaient tentés de fermer des postes, pour les remplacer par des blocs de moyens provisoires, beaucoup plus faciles à ajuster, même si cela devait passer, et nous l’avions dénoncé à l’époque, en groupe de travail, par une précarisation des personnels assujettis à des services partagés pour des groupements d’heures de plus en plus minces dans les établissements. Cette année, ils n’ont même plus ce choix, les fermetures étant inéluctables et les blocs de moyens provisoires font piètre figure, eu égard au nombre des services partagés entre 2 ou 3 établissements pour des quotités variant de 3 à 15 heures. Plus de 750 collègues (contre 600 l’an dernier) vont se retrouver sur des services partagés et ce phénomène n’épargne surtout pas les établissements REP ni RELEV. Les enseignants qui auront la chance de n’enseigner que dans un seul établissement, quand bien même il serait classé en zone violence feront bientôt figure de privilégiés. Nous réitérons notre revendication, qu’en ce qui concerne les compléments de service en SEGPA, il est indispensable que les collègues soient informés au préalable, volontaires et bénéficient d’une formation et que nous refusons toujours fermement l’implantation de postes complets de certifiés en SEGPA. Nous vous rappelons, d’ailleurs, Monsieur l’Inspecteur d’académie, que si dans un premier temps, les compléments de service donnés en SEGPA partaient souvent d’un projet pédagogique, nous en sommes maintenant rendus à un système d’ajustement des services pour éviter des fermetures ou des CSD plus lointains. Ce qui nous amène à constater que même des heures de disciplines de base (pourtant tout à fait dans le champ de compétence des instituteurs spécialisés) sont données par des enseignants de collèges.

L’enseignement de l’allemand est exsangue, il ne va bientôt plus rester de postes à fermer sauf à fermer l’allemand dans de nombreux collèges (voir le cas de Denain : 1 collège sur les trois n’offre plus cette langue). Nous l’avons dit régulièrement lors des groupes de travail, l’administration peut se borner à jouer les arbitres d’un système où l’offre éducative n’est plus que le résultat d’une demande sans en chercher le bien fondé, et ouvrir des sections de néerlandais ou d’italien (avec seulement 2 créations de poste, d’ailleurs) avec pour conséquence de sacrifier l’allemand, et fermer ces sections au bout de 2 ans (au motif que les parents n’y inscrivent plus leurs enfants). Cette politique ne conduit qu’à réduire l’offre publique d’enseignement et à conduire les mêmes parents (qui pour certains se conduisent en consommateurs) à chercher cette offre ailleurs.

En ce qui concerne les IDD, nous avions souhaité qu’un bilan puisse être tiré rapidement. Ce bilan ne nous a jamais été communiqué. La dotation aussi étriquée qu’elle est, intégrant les IDD dans les moyens de fonctionnement, a conduit beaucoup d’établissements à les reléguer en seconde zone, voire à les supprimer : la priorité étant tout simplement de fonctionner. Les collègues, pour beaucoup, en reviennent de ces initiatives pédagogiques qui n’aboutissent qu’à réduire l’offre d’enseignement disciplinaire sans créer à long terme les moyens qui permettent vraiment de réduire les différences scolaires de nos élèves.

Nous vous rappelons également que nous sommes toujours demandeurs de la tenue, comme les 2 années précédentes, d’un GT espace éducatif, qui permettra de faire un point sur la situation critique de cet espace : vous transformez les postes des MI et des SE qui étaient recrutés pour 7 ans, quelques aides-éducateurs recrutés eux pour 5 ans et vous les remplacez par des assistants d’éducation dont nous ignorons précisément le nombre et les lieux d’implantation.

Certains établissements avaient émis pour l’an prochain, des demandes fortes quant à leur dotation. A la lecture des moyens, ils se sont mobilisés. Plusieurs ont demandé des audiences ou ont déjà été reçus : seulement, au delà d’une écoute compréhensive, ils se demandent si leurs revendications légitimes, ont quelques chances d’être entendues, eu égard à la faiblesse des moyens disponibles... Nous avions fait également plusieurs suggestions à propos du fractionnement des postes dans de nombreux établissements, fractionnement qui devient la règle. L’absence de moyens vous conduit, cette année encore, à rester sourds à ces revendications légitimes et force est de constater, à la lecture des différents documents, que, comme nous vous l’avions fait remarquer, les groupes de travail et CTPD ne sont plus que des lieux où l’administration donne information de décisions qu’elle ne maîtrise plus, les modifications restant à la marge, dans la mesure où vous ne pouvez plus que justifier ou déplorer des choix budgétaires qui ne sont pas de votre ressort, car la seule ligne directrice est de faire baisser à tout prix le nombre d’emplois publics .

L’Inspecteur d’Académie nous a répondu sur plusieurs points, un compte rendu exhaustif sera disponible sur le site dans quelques jours.